Chaos et cure : quand il y a le moyen et le devoir de participer et d’agir avec les outils existants.

Pourquoi faut-il que ce soit un non européen qui doive être clairvoyant pour l’Union européenne alors que les citoyens avec les gouvernements des États membres de l’Union européenne restent aveugles, se sabotent ou pire se livrent, après s’être entretués, comme vassaux des autres puissances mondiales. On en revient à ce que votre Magy avait souligné dans son « Éloge d’une société sous névroses » :

– ce qui sera obtenu sera l’inverse du souhait car on se souviendra de la compulsion qui dans les choix citoyens et dans leurs actions amènera à l’opposé de ce qu’ils veulent éviter. – Ce non européen est l’ex Président des États-Unis, B. Obama, qui en 2016 encourageait les Européens à renforcer leur union ainsi que l’ordre libéral (qui n’est pas un mot satanique comme on le galvaude trop souvent pour créer une confusion) dont les valeurs sont la démocratie, l’Etat de droit, le droit de la personne etc.).

Obama pourtant regardait déjà vers la Chine, vers l’Asie et/mais depuis les USA et l’UE sont secoués par le retour ou la mise au pouvoir du nationalisme pur et dur, de la pensée du repli et du rejet de l’autre qui inclut son voisin. Tout ce qui, en fait, nous fait perdre nos acquis chèrement gagnés et la promesse d’une évolution commune vers plus de sécurité et de bien-être social au travers des politiques économiques et énergétiques régulées au niveau européen et non au niveau national, qui perpétue notre dépendance politique et financière (pouvoir d’achat au particulier aussi) aux fournisseurs hors UE, est mis à mal sinon annihilé dans certains pays de notre famille Europe où des gouvernements nationalistes ou extrémistes ont été mis au pouvoir par des citoyens gagnés par la peur des autres, la peur du manque, la violence dans laquelle ils baignent mais qu’ils créent aussi, leur intérêt personnel sous couvert du bien pour tous, par la méconnaissance de droits et de possibilités de participation dans la vie politique de leur pays et de l’Union européenne sans devoir passer par des révoltes chaotiques, comme dans les pays dictatoriaux, qui pénalisent toujours les plus faibles ou par la mise en place de despotes qui les martyriseront à moyen terme en modifiant la constitution et en prenant tous les pouvoirs. Ils en ont pourtant l’exemple dans notre famille européenne. Dès lors, peut-on vraiment proposer des référendums ou une démocratie directe à des citoyens qui sont dans l’incapacité de se documenter, de communiquer et de réfléchir ? A des citoyens de bonne foi pris en charge par un noyau dur qui les mène tout autant que n’importe quel démagogue sur une voie sans issue, eux-mêmes guidés par leur mobile ou par une idéologie quelconque. Le référendum est la joie des nationalistes et des extrémistes car il s’agit d’une question fermée qui porte sur un sujet « émotionnel » du moment qui souvent inspire la crainte. Ils obtiennent ainsi « démocratiquement » petit à petit les pleins pouvoirs. Encore une fois, nous en avons l’exemple au sein même de notre famille européenne. Malheureusement comme les EM (partis, médias, citoyens) jouent en fait aussi la carte du nationalisme, on en parle et on regarde tout cela avec des yeux horrifiés tout en répétant le même scénario chez soi. La gangrène se développe mais il ne s’agit pas de le dire sous peine d’être taxé de méprisant ou de quoi d’autre ? Il en a été de même avec le terrorisme islamiste quand ceux qui dénonçaient les dérives ont été taxés d’islamophobes par les bons samaritains et les commentateurs qui parlaient d’amalgame et d’outrage aux musulmans jusqu’à ce que les bombes explosent et que les enfants partent se faire tuer. Ce sont les musulmans eux-mêmes qui ont payé le plus lourd tribut, ceux qui dénonçaient les dérives dès le début et qui ont été mis au ban de leur communauté religieuse et de notre société.

Les Anglais voudraient revenir sur ce référendum (Brexit) poussé par l’extrême droite, jamais nommée à ce moment-là. L’Ecosse et l’Irlande en sont  aussi les victimes collatérales. S’il était si vital et évident de quitter l’UE, il ne faudrait pas ces deux années d’âpres négociations et ce retournement citoyen. Mais le pourcentage suffisant de citoyens qui a écouté les moulins du repli par peur de l’immigration et qui a été flatté par le « Rule, Britannia! » mais qui ne connaissait pas le rôle et les actions des Institutions européennes, a permis une bien triste fracture dans l’idéal humaniste qu’il semble que nous partagions, du moins en parole. Politiquement, pas de retour envisagé par Mme May et ses sbires car perdre la face est pire que le bien-être des nations.

C’est dans ce contexte d’incertitude, de stress, de violence, d’actions immédiates exigées sur l’émotion, de lavage de cerveau, de fausses informations lâchées tout azimut qu’auront lieu les élections européennes en mai 2019.

C’est à un moment politique (donc d’orientation et de choix politiques, économiques et de société pour l’Union) aussi critique pour notre avenir que votre Magy regrette à nouveau qu’aucun ministre de l’éducation dans les EM n’inclut dans les programmes scolaires et tout au long des études des étudiants et donc des citoyens européens, un cours sur l’UE et son actualité au quotidien. Surprise aussi que les citoyens qui demandent à participer à la vie politique (si pas prendre des décisions pour le pays) n’en font pas la demande alors qu’ils ne connaissent pas en majorité le fonctionnement de leurs institutions européennes et que par conséquent ils croient trop facilement les fausses rumeurs dont certaines sont devenues de vraies légendes et que d’autre part sont à fortiori dans l’incapacité de les comprendre et justement de participer à l’amélioration du fonctionnement de ces dernières et de leur vie. Combien de citoyens sur les 512 millions savent que des consultations régulières existent et qu’ils peuvent (doivent) participer ? Combien savent qu’un système de listes transnationales a été proposé pour renouveler la procédure des « Spitzenkandidaten » et démocratiser les partis politiques européens ? Que ce sont leurs chefs d’Etat ou de gouvernement (voir chacun leur pays) et/ou les partis politiques qui font des manières devant cette nouveauté.

Avant de condamner l’UE et toutes les promesses qu’elle peut nous apporter, il faut les connaissances et parler avec ses propres élus. Comme disait votre Magy, n’avons-nous vraiment aucun droit ou possibilité d’action ou n’avons-nous pas les connaissances suffisantes? Nos pays, nos gouvernements, nos médias, nos partis politiques nous informent-ils suffisamment, correctement, objectivement ? Il semble bien que non. On cherche des remèdes à des problèmes que l’on pourrait résoudre depuis bien longtemps si on appliquait tout simplement ce que chacun prêche: respect, union, compromis, coopération, connaissances.

A la veille de ces élections capitales que l’on tente de minimiser par des chaos un peu partout dans l’UE, les médias devraient jouer leur rôle et informer de façon « neutre et correcte », les points essentiels concernant les Institutions européennes.

Comment imaginer un référendum quand on pose une question fondamentale à des citoyens qui ne maîtrisent pas un sujet et qui seront eux-mêmes victimes de ces lacunes. Qui est le plus méchant? celui qui incite au référendum pour son propre mobile ou celui qui empêche une catastrophe le temps que les informations nécessaires soient diffusées pour un choix pondéré ?

Il est aussi absolument nécessaire pour le respect de chacun que lors de débats les propos des uns et des autres soient immédiatement corrigés quand ils ne sont pas conformes à la réalité. Il y a trop de mensonges gros comme des maisons et des absurdités voire des avilissements de la personne qui sont jetés sur antenne, et pas seulement par des membres de partis, pour que le citoyen puisse s’y retrouver et se sentir respecté. Il ne suffit pas de dire que l’on soutient les gens qui ne se sentent pas respectés, encore faut-il le faire soi-même. Cela vaut pour chacun de nous, quel que soit notre rôle dans la société.

En résumé, l’opinion est mal informée et mal préparée tant par les gouvernements que par les médias. Cela ne peut se faire en deux temps trois mouvements, deux semaines avant le moment décisif. Le retour du nationalisme et des extrêmes est une réaction contre le désordre croissant que nous créons nous-mêmes au sein de notre pays avec des clivages qui servent les idéologies des partis : la linguistique, ville-campagne, plafond-cave, bonnet-écharpe, et on peut inventer ce que vous voulez.

La résolution des problèmes fondamentaux, réclamée à cor et à cri, qui nécessite un plus long terme pour être traitée est obscurcie par les préoccupations immédiates et sous un angle exclusivement national et donc souvent insolvable.

Les partis traditionnels déstabilisés par la nouvelle façon de penser et de voir le monde, s’accrochent au monde ancien, empêchent la coopération des idées (partis) car ils continuent à fonctionner par opposition et font surgir les spectres anciens.

Les élites qui présentent les véritables enjeux de ces élections se comptent sur les doigts de la main. Nous pensons à M. Guy Verhostadt (BE), chef de groupe au PE, qui est très actif et qui a essuyé une virulente riposte de Orban/Hongrie pour avoir dénoncé le régime anti-valeurs européennes (droits des femmes ou de la presse aussi du reste). Que n’est-il mieux soutenu par le gouvernement belge et les partis politiques qui pourtant séparément promettent tous aux citoyens paix, sécurité, bien-être et nirvana mais se tirent dans les pattes ou comment obtenir le contraire de ce que l’on veut et énerver les électeurs. Il en est de même en France, le Président E. Macron n’est absolument pas suivi dans son projet européen et pourtant la cohésion est de mise sur ce chapitre. C’est parce que les élus du PE suivent les directives des partis nationaux que l’UE devient le reflet des divisions internes des EM et qu’elle ne peut être ce qu’elle devrait être. C’est à ce moment que la participation et la connaissance du citoyen sur le plan national et européen ont toute leur importance.

Quel parti a vraiment dialogué avec ses membres, les citoyens et demandé leur avis pour les listes européennes, leur avis concernant les listes transnationales? Quel citoyen s’est adressé à son parti, à des élus pour en faire la demande? Lequel a été actif en lieu et place de casser et de créer le chaos pour la plus grande joie des autres acteurs du monde qui profiteront de l’affaiblissement et du morcellement de l’UE et donc de l’appauvrissement et de la dépendance de chaque citoyen européen?

Le citoyen a un projet, un devoir, celui de se créer un avenir non pas celui de détruire les premières pierres mises avec courage, sang et sueur par ses prédécesseurs.

Nous partageons les mêmes dangers, nous partageons les mêmes problèmes, nous partageons un même destin.

Ici, le citoyen a toute la latitude de la participation. Trop peu s’investissent collectivement pour cette cause, pour l’avenir de leurs enfants (liberté, sécurité, études, travail, écologie, circulation, etc.)

On ne peut pas vivre en se disant constamment qu’on a évité le pire. On doit se réveiller en se disant que l’on construit quelque chose et de bien.

Il y a des choses à faire, des consultations auxquelles il faut répondre, donner son avis, bâtir. Nous avons les outils, nous avons les moyens. Ouvrons nos perspectives, améliorons ce qui doit l’être et ne démolissons pas ce qui est construit. Ce sont toujours les plus faibles qui perdent leurs biens, le fruit de leur travail, qui perdent même la vie et cela n’a mené à aucune idée, aucune construction car il n’y avait aucune connaissance.

De ces élections dépendront le choix du nouveau président de l’UE, de la recomposition  des groupes politiques du futur PE, les choix politiques du Conseil européen et donc de l’ensemble des politiques européennes (choix conjoint dans le cadre de la procédure législative par le Conseil et le PE), du mandat d’un certain nombre d’autres institutions ou organes de l’UE comme par exemple la présidence du Conseil européen (30/11/2019), la présidence de la BCE (31/10/2019).

On comprend comme il est important de former le citoyen européen le plus tôt possible afin qu’il puisse maitriser les informations clairement et par lui-même et combien son avenir et sa participation en dépendent.

Soyons participatifs dans la connaissance et l’humanisme, le vrai, pas celui des mots et du saccage.

Magy Craft

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