Le vice de pensée ou la débâcle de notre société

Pour qu’une société fonctionne, il lui faut un cadre dans lequel les individus qui la composent puissent non seulement y vivre mais s’y épanouir sans avoir le sentiment d’y étouffer.
Ce cadre est basé sur les valeurs et les codes que les individus de cette société ont jugés et acceptés comme vitaux pour pouvoir être considérés et traités comme un être humain. Ce cadre est transmis par les parents, les établissements scolaires et la société dans son ensemble.
A l’intérieur de ce cadre des valeurs communes, indispensables au vivre ensemble et par conséquent au fonctionnement de la société, les individus doivent pouvoir respirer et se réaliser. Ils doivent avoir le droit de penser librement, de prier qui ils veulent, de manger ce qu’ils veulent, de se mouvoir comme ils l’entendent, etc en gardant à l’esprit les notions de respect et de réciprocité et donc du cadre de vie.

Tout cela paraît logique et cela est ce que tout un chacun souhaite et attend de son prochain et de la société tout en oubliant cependant qu’il est l’autre de quelqu’un. Et c’est bien cet oubli qui fait que progressivement notre société soit devenue plus dysfonctionnelle que jamais. Quant à cette violence, devenue l’un des moyens d’expression favoris, elle n’est que la conséquence de ce vice à vouloir détourner de son sens initial toutes les notions et valeurs positives mises à la disposition de nos démocraties ainsi que de l’orgueil de chacun à vouloir se présenter comme plus humain que l’autre tout en l’écrasant.

C’est bien insidieusement, comme toujours, que le glissement vers l’inexorable se fait. Chaque jour, se pose des actes, s’écrivent des mots, s’émettent des idées, se propagent des contradictions, des intérêts propres se font valoir, le cadre n’est plus à portée et les individus se demandent pourquoi.

Il existe une multitude d’exemples qui peuvent sembler anodins mais qui néanmoins participent à ce vice de pensée qui déstabilise notre société voire la détruit. C’est bien pour cela qu’il est souvent évoqué le mot « sensation » ou « ressenti » parce que sans pouvoir définir concrètement cet insidieux glissement, l’individu éprouve au fond de lui ce changement qui lui porte préjudice sans qu’il lui soit possible d’y remédier ou de répondre aux statistiques et chiffres « bien-être par rapport au passé » qu’on lui oppose, qui plus est comme il est acteur (parfois inconscient) de ce processus, il est dans l’incapacité de réaliser cet état de fait et de le résoudre. Comme l’écrivait votre Magy dans son « Éloge d’une société sous névroses », c’est toute la société qui aurait besoin d’une thérapie.
Apprécions tout de même l’ironie du cas de certains de nos contemporains qui se donnent la peine de lire des tas d’ouvrages de spécialistes éclairés (sur divers thèmes), de débattre avec eux et de considérer cela comme un interlude entre deux émissions sans plus. Cela ou la poudre à lessiver quelle différence? Après tout il est moins fatigant de suivre le train en marche, de refaire l’histoire ensuite et de s’y donner un beau rôle, du moins de se dire qu’on n’a rien fait de mal.

Par exemple le cas du Brexit. Votre Magy ne reviendra pas sur tout ce qu’elle a déjà écrit à ce propos mais mettra en évidence ce qu’elle a entendu lors d’un débat récent entre deux éditorialistes français. C’est assez exemplaire du vice pour être cité.
L’un de ces journalistes a dit que ce n’était pas parce qu’il y avait quelques centaines de milliers de manifestants (en fait plus d’un million) devant le Parlement pour demander un nouveau référendum qu’il fallait revenir sur un vote décidé trois ans auparavant. Que cela c’était déjà vu et que cela n’avait pas été heureux.

En fait cette journaliste (elle n’est pas la seule, Magy ne lui jette pas la pierre) mêle politique intérieure et politique extérieure, des époques différentes, des enjeux différents. De plus, le référendum en France était consultatif seulement, si Magy ne s’abuse. Or, tous reviennent constamment avec cette histoire.
Alors, Magy pense de suite au vote outre-Manche et se dit que le « oui » l’a emporté à 51,8% des voix. Cela coupe vraiment le pays en deux. De plus, on peut vraiment parler d’une campagne de tous les mensonges et fausses informations fomentée par l’extrême droite notamment, n’y-t-il pas en soi usurpation du vote? Qu’auraient dit les médias dans leurs pays respectifs? Et en France? Quand avec quelques milliers de gilets jaunes (donc bien moins qu’un million de citoyens), il est vendu qu’un gouvernement élu démocratiquement ne l’est en fait pas car il a récolté les voix de ceux qui ne voulaient pas du RN, qui n’a qu’un socle de Magy ne sait quel pourcentage, enfin vous voyez le bardaf!? et que ce gouvernement doit donc changer toutes ses décisions et ce pour quoi il a été élu. Car il y a l’opinion publique! C’est quoi l’opinion publique? En UK il y a aussi l’opinion publique alors. On voit bien comment un vice de pensée mène une société tout droit dans le mur car elle sort du cadre qui la définit.

Rajoutons pour ne rien gâcher qu’un référendum est toujours tendancieux en soi. Cela l’est davantage quand il s’agit de l’Union européenne dont très peu de citoyens des pays membres connaissent vraiment non seulement les institutions et leur fonctionnement mais aussi leur rôle, les bénéfices apportés, ce qu’elles régissent dans leur vie et ce qu’ils leur doivent, l’actualité quotidienne. Les États membres ayant fait d’une seule des institutions de l’Union (la Commission européenne) son bouc émissaire favori pendant des décennies, c’est une image qui est gravée dans l’inconscient collectif et qui prouve oh combien les citoyens ne s’informent pas par eux-mêmes mais qui plus est que les médias, les experts, les établissements scolaires n’ont pas participé non plus au rétablissement de la vérité des faits quels qu’ils soient.

La Turquie d’Erdogan est elle aussi un sublime exemple. Magy a beaucoup écrit à ce sujet depuis 2014. Dans le climat particulièrement agité de l’époque où la Belgique, entre autres, faisait face aux premiers attentats islamises, aux égorgements entre citoyens et entre politiques autour de la question du voile et des aménagements particuliers pour la communauté musulmane, la période durant laquelle le vice était déjà de vouloir à tout prix mêler « racisme », phobie et amalgame au principe simple du cadre de la société, cette Belgique acceptait sur les listes électorales un parti pro sharia au nom de la démocratie sans doute (autre vice de pensée), acceptait une députée voilée dans son Sénat et acceptait que les politiques d’origine turque ne respectent pas la minute de silence au parlement en mémoire du génocide arménien. Cette même Belgique qui par deux fois a permis à Erdogan à faire sa campagne électorale sur son sol et à obtenir les voix de la diaspora (où est l’intégration?), à se faire insulter par cette députée qui est ensuite partie avec armes et bagages chez Erdogan, à accueillir un indépendantiste catalan alors qu’elle accuse et maudit les Flamands de vouloir leur indépendance. Vice, vice, vice. Contradictions. Entropie.

En parlant de l’extrême droite, parlons donc de tous ces extrêmes. Il semble bien que là aussi le vice est dans le fruit. Le fruit est même pourri. On parle de respectabilité, on parle d’ineptie du genre qu’il ne faut pas confondre les électeurs avec le parti ou son représentant. Mais si, Magy l’a entendu et a réagi rapidement par ailleurs en parlant de la déresponsabilisation. Tout ce qui est radical, extrême est contraire au développement d’une société. Les partis radicaux (gauche, droite, islamises, etc) et leurs électeurs/membres font partie des citoyens qui rejettent en partie ou en totalité les codes et valeurs acceptés par l’ensemble de la société dans laquelle nous avons décidé de vivre et d’appartenir.
Le vice est de vouloir dédouaner ces citoyens de leur choix avec les conséquences en les présentant comme des victimes d’un système qui n’ont plus d’autre alternative que de se soumettre à ces despotes opportunistes idéalisés comme sauveurs ou comme dernière carte à jouer.
Le vice de passer son temps à prédire leur progression (ou pas comme pour les climatosceptiques) et leur venue au lieu de les confronter à leur programme et surtout à la réalité du pouvoir là où ils ont percé, pas seulement au niveau financier mais des droits de la femme, des droits tout court. Incroyable ce silence assourdissant de nos démocraties.

Le même vice de pensée s’étend au voile des musulmanes et du radicalisme islamises, à la Justice au travers du rôle des avocats avec la notion du droit de défense et à quel prix défendre des criminels notoires? La liste est sans fin, la liste comprend les pensées et les actes quotidiens de tout un chacun.

C’est bien la peur, la méconnaissance, l’inculture, l’incivilité et l’orgueil qui nous font échouer.

Craftiennement vôtre,

Magy Craft

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