Les mille couleurs de l’ignorance douloureuse

J’aime l’odeur de la terre mouillée au petit matin. Je marche sur ces sentiers de campagne que j’affectionne énormément. Je me laisse emporter au rythme des morceaux choisis de ma playlist. A des endroits précis, je retire mes écouteurs pour écouter les oiseaux siffloter, les arbres bruire. Mon esprit finit toujours par prendre le dessus, comme la nuit mes pensées me font regarder la lune et le ciel.

Mes pas, seuls, marquent le chemin de leurs empreintes. Des milliers, des millions l’empruntent. Des milliards s’ignorent.
Une multitude d’hideuses mains me saisit la gorge et j’étouffe. Je ressens comme un coup de poing dans l’estomac et je m’arrête. Je regarde les prés et l’herbe onduler. Je cherche désespérément un repère rassurant mais les mots bloqués m’étouffent, explosent dans ma tête.
Ma poitrine est écrasée par les genoux de tous ceux qui prient et se battent au nom de la multiplicité des races humaines. Je ne sais plus dans quel monde je vis. L’ ai-je jamais su?

Mon enfant, mes amis de tous les horizons que nous font-ils? Mon enfant, mes amis de contrées mélangées, dans quel sac vont-ils nous jeter? Quelle couleur vont-ils nous donner? Quelle race vont-ils inventer pour nous classer? Nous, les enfants de tous les coins du monde. Ces enfants nés d’exilés jetés sur les routes immondes de leur bienveillante indifférence inhumainement humaine et qui se sont croisés, aimés.
Ces enfants nés d’humains qui ne se considèrent pas comme des animaux, qui ne croient pas à l’idéologie du racisme et qui refusent de diffuser le mensonge de plusieurs races au sein de l’espèce humaine.
Ces enfants qui deviendront adultes. Ces adultes qui comme eux seront des hommes, des femmes, des homosexuels, des trans-genres qui vivront les mêmes douleurs, les mêmes injustices.
Ces oubliés qui n’appartiennent à aucune couleur et donc à rien à défendre et pourtant à tout à défendre.

Non, mon enfant. Je ne crois pas à cette idéologie qui prône le fait de plusieurs races et une hiérarchie entre elles. Elle biaise un problème plus profond. Celui du contrôle, du pouvoir d’un homme sur un autre sur tous les continents, dans tous les pays, entre même couleur.

Non, mon enfant, je n’ai pas considéré ton père comme étant d’une race inférieure et lui ne m’a pas considérée comme telle non plus. Nous étions deux humains qui nous sommes aimés et qui avons créé un être sublime: toi ! Tu re-nais à chaque soleil levant.

Mon enfant, je te demande pardon. Pardon de ne pas avoir su faire entendre ma voix suffisamment pour amorcer l’ouverture à une nouvelle mentalité, à une élévation des esprits.
J’espérais que ma voix ajoutée à tant d’autres te permettrait de construire un nouveau monde, plus humain.
Nous sommes nombreux mais séparés. Nous n’avons donc pas la même endurance que les violents, les égoïstes et les minus abens.

C’est la place de l’humain dans notre monde qu’il faut discuter une fois pour toute.

Arrivée à l’automne de ma vie, en ayant vécu tout ce que j’ai vécu, je pense sincèrement et malheureusement qu’il est illusoire de penser et même d’espérer un quelconque changement honorable. Il est dans la nature humaine de se retrancher derrière des barrières, dans son clan, sur son territoire et de viser les biens d’autrui.
Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, faire toutes les émissions fleuries qu’ils veulent, j’ai trop vu, trop entendu, trop enduré pour encore croire dans l’humanité.

J’ai essayé mon enfant. J’ai fait de mon mieux. Je me suis investie sans compter, même quand je n’aimais pas mes contemporains.

Je crois en certains êtres et c’est déjà bien.

Je ferai toujours ce que je peux concrètement pour ceux dans le besoin, comme héberger une maman battue et son enfant ou encore apporter un enfant à sa maman à l’autre bout du monde et non écrire des conneries bleues et roses sur les réseaux sociaux tout en ayant un abject comportement en temps de crise ou autre.

J »écrirai mes pensées et mes citations, mes textes mais je me retire du politique. Je finirai sans doute aussi ce livre « De quel chaos es-tu née Magy » quand mes plaies seront cicatrisées alors que tant d’autres ne le sont toujours pas.

Contrairement « aux victimes » qui pensent avoir tous les droit, y compris le droit de tout détruire, les « victimes » qu’on oublie sont affectées par leur combat qu’on ignore et dont on se moque alors qu’en finalité , ce sont elles qui leur garantissent un avenir avec encore un peu de liberté de mouvement, de penser, de chanter, de voyager, de faire l’amour et de faire des enfants avec qui ils le souhaitent.

A bientôt autrement, tristement et craftiennement vôtre,

Magy Craft

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