Terrorisme -nos irrésolutions

Le terrorisme, ce n’est malheureusement pas nouveau. Nous y avons été confronté à différentes époques, pour différentes « causes ». Depuis la croisade de l’Etat islamique contre tout ce qui n’est pas conforme à ses critères, nous avons pleuré nos morts et nous en sommes à vivre l’insécurité sur nos terres. Cependant, quand on écoute les débats à la télévision, quand on lit la plupart des commentaires sur les réseaux sociaux, quand on voit la classe politique s’enliser dans des actions d’urgence qui ne sont que de pauvres réponses à des attaques violentes, on est pétrifié d’observer qu’il semble que beaucoup découvre la lune.

Les débats sont monotones car les mêmes questions y sont posées depuis des mois voire des années. Les politiques de tous bords utilisent cette tragédie comme paravent pour régler certaines comptes internes dont on a que faire, favorisant de cette façon encore davantage l’épanouissement des partis aux vues et politiques extrêmes. On constate que malgré un discours d’unité au niveau national, une sortie du Royaume-Unis de l’Union européenne, une demande de coopération entre toutes les démocraties du monde, on assiste à nouveau à un magnifique paradoxe qui fait agir les Etats de façon isolée ayant chacun « ses » terroristes, « ses » réfugiés, « ses » attentats et « ses » solutions. Il n’y a même aucune hésitation à accuser un pays « ami » membre de cette union européenne d’être responsable de certains attentats par manque de vigilance ou de collaboration ou même de compétences. Chacun participe à petite ou grande échelle à la déstabilisation de notre société et favorise le travail de sape des islamistes radicaux.

J’ai, en cela, beaucoup d’admiration pour quelques personnes très averties et qui depuis des années écrivent, alertent, répètent les mêmes choses lorsqu’on les invite dans des débats, des émissions. Leur infinie patience n’est pas récompensée. Ce doit être frustrant et douloureux. Etre face à des gens qui s’attachent aux conséquences sans vouloir comprendre un mécanisme et qui en même temps vous en demande l’explication indéfiniment, il y a de quoi devenir dément.

Pourquoi ne sommes-nous pas pro-actifs? Pourquoi veut-on absolument faire rentrer les leaders des terroristes et leurs partisans dans nos petites cases et voulons-nous mesurer leurs actes, leurs intentions, leur psychologie selon nos critères? C’est ainsi que nous ne pouvons prévoir l’impossible qui est du possible pour eux.

Les services de renseignements américains ainsi que l’un des plus renommés instituts de psychologie de Berlin ont effectué une évaluation des plus poussées et des plus sérieuses de Ben Laden en 2002. On le définit comme un puritain compulsif (c’est-à-dire un fondamentaliste extrême). Les caractéristiques sont: la suffisance, le besoin de contrôler les autres et de montrer du mépris à l’égard du monde matérialiste qu’il rejète en vivant dans l’austérité et l’abnégation. Attitude qu’il pousse à imiter. Ses partisans confirment leur vision du monde pervertie de par leur soutien et leur adoration à cet homme (ou leur leader).

Il faut bien se souvenir que de telles personnes justifient leur ressentiment et leur colère irrationnels en se convaincant que le monde est immoral et qu’eux seuls sont dans le vrai. Immelman qui dirigea pour Berlin l’évaluation de Ben Laden informa déjà à l’époque que « le monde des puritains compulsifs est partagé entre bien et mal, entre saints et pêcheurs. Ils s’arrogent le rôle de sauveur. Dans leur acharnement à poursuivre leur mission, ils recherchent les ennemis communs. Les puritains compulsifs sont enclins à évacuer leur hostilité via des « déplacements sadiques » et leur colère puritaine devient le glaive vindicatif de la vertu descendu du paradis pour dévaster le péché et l’iniquité…. »

Ce genre de puritains compulsifs (fondamentalistes extrêmes) sont ambitieux, des exploiteurs, déterminés, contestataires, méfiants, dominants et respectueux de leur cause. Ils ne cherchent pas l’approbation, ils agissent car ils pensent qu’ils en ont le droit; ils sont intransigeants et ont peu d’égard ou de respect pour les lois sociales et les conventions. Ils s’engagent dans des activités à haut risque sans se soucier de la sécurité d’autrui, ils sont manipulateurs et indépendants. Ce type de personnalité combine du « narcissisme sans principes » de Millon. Sentiment de valeur de lui-même, indifférence dans l’exploitation des autres, espérance d’être reconnu, conscience sociale défaillante et mépris des droits d’autrui.

On voit bien que mettre « nos valeurs » en avant pour cerner, prévoir est arrogant et que vouloir discuter ou « sauver » ces personnes pour résoudre le conflit est illusoire.

Unite_to_save_humanity.gif

Déjà, au milieu des années 1980, des psychologues, dont Eric.D. Shaw, avaient édité des évaluations et même créé un modèle pour décrire la manière dont les terroristes sont recrutés. Les étapes-clés:

  • des processus de socialisation précoces (c-à-d un conditionnement culturel et des circonstances familiales)
  • des blessures narcissiques (des blessures qui provoquent une diminution de l’estime de soi)
  • des évènements aggravants (expériences négatives avec l’autorité)
  • rapport avec un terroriste qui devient un modèle d’identification, ou dans le cas de nombre de femmes, un amant.

Les recrues peuvent être poussées à s’engager à cause d’un sens de l’honneur perverti;compenser échec-injustice familial/social.

Cette première partie est toujours valable en 2016 et donc bien avant quand nous avions tous les signaux que nous avons ignorés ou quand nous nous sommes entortillés dans nos paradoxes, notre culpabilité, notre déni et nos intérêts personnels et politiques. Si on prenait, maintenant, la peine de se poser, de réfléchir, d’arrêter de courir affolé comme une poule sans tête, on s’en apercevrait. On doit arrêter de croire que les leaders sont des fous à la tête d’une bande de pauvres victimes non consentantes.

Nous avons bien affaire à des personnalités en déséquilibre qui ont du pouvoir car elles ont eu et elles ont toujours la capacité de recruter d’autres personnalités en déséquilibre ou à réveiller des pathologies endormies. Donc, dire que tous les terroristes sont des inadaptés sociaux est un mythe. Peu importe à quel point leur cause leur semble juste, peu importe leurs justifications quant à leurs actes de violence contre des civils, il y a surtout ce désir d’appartenir à un groupe qui est symptomatique d’une identité psychosociale incomplète et fragmentée. Sinon, ces individus agiraient seuls, dans l’anonymat, sans éclat, ou pas du tout. Là, est toute la force des leaders compulsifs à les trouver, à les réveiller.

Les cellules terroristes

« Les terroristes partagent une caractéristique frappante: la normalité. » Martha Crenshaw, 1981

Combien de fois a-t-on entendu voisins et familles exprimer leur surprise lorsqu’ils découvrent qu’une personne côtoyée tous les jours, pendant des années, a commis un acte sans nom sans que rien n’aurait pu trahir ses intentions.

Pourtant en 2005, Anglais et Norvégiens avaient organisé une conférence à Londres où se sont retrouvés les experts du monde entier afin de trouver des idées pour combattre la menace grandissante du terrorisme en Europe.

Peter Nesser du NDRE a étudié les kamikazés à l’origine des attentats-suicides de Londres de juillet 2005 et il a pu identifier quatre types de personnalité qui forment une cellule type. Il les nomma: l’entrepreneur, le protégé, l’inadapté et l’indécis.

  • l’entrepreneur: assure la mise en oeuvre des plans du groupe. Il a souvent besoin de contact avec un imam radical qui lui donne des conseils religieux et pour les questions pratiques, il a des contacts avec les infrastructures du djihad ou via internet.
  • le protégé: qui considère le chef comme son guide ou son grand-frère de substitution. Il est en général cultivé et dans ses compétences essentielles au terrorisme figure la fabrication de bombes.
  • l’inadapté: il n’est pas en croisade mais cherche désespérément un groupe auquel appartenir afin de donner un sens à sa vie insatisfaisante. C’est un perdant hanté par les échecs et accablé de problèmes qu’il pense pouvoir résoudre en rejoignant un groupe qui a un but précis. Il est souvent violent et imprévisible.
  • l’indécis: ce type est amené dans le groupe par différentes circonstances et différents contacts. Il n’était sans doute pas un activiste avant et ne connait pas les détails-clés sur les activités du groupe.

Avec ces seuls éléments, on peut déjà tirer de précieux atouts en notre faveur. D’abord se concentrer sur les leaders, les entrepreneurs et les protégés. On constate aussi qu’il est illusoire de croire qu’on peut détecter aisément les inadaptés et les indécis et même de les contrer ou de tous les enfermer. Les radicaux s’entourent des plus vulnérables, des plus violents contre lesquels notre façon de penser est inefficace.

On en revient à ce que les Craftiens connaissent des nombreux articles de Magy, c’est bien le manque de but commun, de projet dans nos sociétés ainsi que le chaos dans nos valeurs citoyennes communes qui poussent les jeunes, les plus fragiles et ceux qui sont sur la tangente à se réfugier dans les groupes ou les partis extrêmes qui leur proposent un message simple et clair, un objectif, une substitution familiale et dans certains cas excessifs, un exutoire à leur colère ou leur violence selon le degré de déséquilibre psychologique.

Les loups solitaires

« Les terroristes solitaires, ça n’existe pas. Ce sont des malades mentaux. » Franco Ferracuti, criminologue

Tous les terroristes n’opèrent pas au sein d’une cellule. Ils peuvent agir seul. On les nomme les « convertis ». Ils ont des antécédents similaires. Il s’agit souvent d’individus psychologiquement et émotionnellement instables qui ont leur sentiment de sécurité brisé. Cela les rend vulnérables face aux sectes religieuses extrêmes qui les recrutent pour exploiter leur besoin de stabilité et d’acceptation. En fait, le groupe devient leur famille de substitution. Cependant, un profilage ne peut pas vraiment nous aider car les terroristes ne constituent pas une population totalement homogène qui puisse être identifiée et ciblée. De plus, l’implication dans le terrorisme revêt une signification différente pour chacun.

terror

« On ne peut pas prouver psychologiquement que les terroristes peuvent être diagnostiqués psychopathes ou cliniquement dérangés. » Hen Heskin, psychologue, 1984

Deux ans avant les attaques terroristes d’Al Qaida à New York, les services de renseignements américains et le département de la défense s’inquiétant de la menace grandissante partout dans le monde, ont reçu de Rex A. Huston le rapport le plus complet jamais publié sur la nature du terrorisme et sur les facteurs qui contribuent à faire un terroriste.

Qu’en avons-nous fait?

Ceux qui deviennent des terroristes sont souvent sans emploi. Ils sont souvent isolés et vivent en marge de la société (même au sein d’une famille). Pour certains, ils essayent de rejoindre un groupe terroriste parce qu’ils s’ennuient ou qu’ils ont envie d’une aventure pleine d’action poursuivant une cause qu’ils considèrent comme juste. D’autres peuvent être motivés par l’envie d’utiliser leurs compétences spécifiques, telle la fabrication de bombes. Les plus instruits peuvent être motivés par de véritables convictions politiques ou religieuses. Souvent, les rencontres violentes avec la police ou avec d’autres forces de sécurité motivent un individu déjà en marge de la société à rejoindre un groupe terroriste.

Cela ne vous rappelle-t-il rien?

Tous des psychopathes? Comme nous l’avons vu, la réponse est non! Ce serait bien trop simple de les déresponsabiliser. De plus, si l’ensemble des cellules terroristes était composé de psychopathes rien ne fonctionnerait car aucun ordre ne serait suivi. Les membres des cellules terroristes ont besoin de se mêler à la population locale et de passer inaperçus. Par contre, ils partagent avec les psychopathes une vision du monde égocentrique. Les deux types pensent que le monde comprend trois groupes de personnes: leurs héros idéalisés, leurs ennemis et le reste de la société qui pour eux est sans importance. Il y a toujours des exceptions et ils servent aussi très bien la cause dans le terrorisme actuel perpétré par l’Etat islamique. Ces actes commis par des individus solitaires qui cherchent à attirer l’attention sur eux plus qu’à servir « un idéal » mais qui la servent très bien néanmoins. Ce sont des névrosés passifs sous-performants.

« Le but de la guérilla urbaine est d’attaquer l’appareil de contrôle de l’Etat et de le mettre hors de combat afin de détruire le mythe de l’omniprésence et de l’invulnérabilité du système. » Communiqué de Baader-Meinhof

Un des buts, comme nous l’avons souvent écrit, est évidemment d’attaquer l’Etat et saper ses fondations. C’est aussi la guerre des forces de réaction.

Magy vous avait aussi écrit un article, il y a plusieurs mois, concernant le jeu trouble des avocats des terroristes ainsi que sur la manipulation de nos lois par ces derniers en leur faveur et contre nous. Nous n’arrivons toujours pas à assimiler que nous avons affaire à des individus qui ne raisonnent pas en terme de respect des règles de nos sociétés, qui n’ont que faire de nos valeurs morales, qui utilisent nos faiblesses car eux nous ont bien analysés et ont vécus parmi nous, ne sont pas fous mais parfaitement lucides et conscients des actes qu’ils posent.

Dès lors, quand les avocats de la défense cherchent à dédouaner un terroriste de ses actes pour n’importe quel motif (et pas vérifier que ces droits sont respectés – il y a une nuance) et qu’il n’y a pas condamnation ou peine légère, nous ouvrons la porte à l’acceptation de ce qui nous arrive et formulons « légalement » notre responsabilité dans le recrutement des partisans par l’Etat islamique. Nous les lavons de toute responsabilité, nous les dédouanons de toutes les horreurs commises et leur permettons de continuer au nom des motifs que nous avons pardonnés devant un tribunal. Il est donc, à nouveau, paradoxal par la suite de dire que nous luttons. Les citoyens ne suivent pas très bien cette logique et le chaos désiré par les radicaux islamistes est installé.

En avril 2016, Magy vous écrivait dans son article Haine – égoïsme – populisme, cet extrait suivant qui est malheureusement toujours d’actualité. Je ne parviens pas à comprendre pourquoi on continue à buter sur cette pierre qui nous empêche d’avancer ensemble.

« (…) Pris dans les mailles de la lutte contre l’extrémisme islamiste, nous retrouvons nos acteurs de « Quand la terre tourne carré ».
Nous retrouvons, médiatisés, les « bons musulmans » que l’on fait témoigner sur les plateaux de télévision ou aux micros des journalistes après les attentats sur nos sols.
Très bizarre. Pourquoi, me demanderez-vous. Pour les sempiternels paradoxes des Samaritains dont je vous parle semaine après semaine!
On nous serine d’éviter les amalgames donc de ne pas reporter notre colère anti islamistes radicaux contre la communauté musulmane de nos pays européens respectifs.
Premièrement, ceux qui favorisent l’amalgame sont bien ceux qui soulignent une éventuelle similitude entre les deux groupes qui pourrait porter à confusion et ainsi nous égarer. Entendu que nous sommes dans l’incapacité de faire la différence et que les minorités tapageuses sont représentatives des nations incriminées, ce qui fait oublier tous les élans de solidarité de nos populations.
Deuxièmement, il est choquant d’entendre relayer l’idée (surtout par les jeunes musulmans que l’on nous présente comme intégrés) que les musulmans n’ont pas à se manifester contre l’islam radical car ils n’en font pas partie. Si, on a voulu nous présenter cela comme une idée révolutionnaire et belle, cela est plutôt l’inverse. On le détaille au point trois.
Troisièmement, tout citoyen d’un pays démocratique qui partage ses valeurs, et quelles que soient ses convictions religieuses, se doit de manifester et de s’ériger contre toute forme d’oppression, de terrorisme, d’abus, de dictature. Si nous ne nous sentons pas membres des groupes hitlériens ou autre, cela ne nous empêche pas de nous protéger contre ce genre de dérive, il en va de même lorsqu’il s’agit de n’importe quelle forme d’extrémisme.
Quatrièmement, qu’on ne revienne pas avec cette idée de « mal à leur islam », « enfants de la précarité », « jeunes entre deux cultures », etc…… les divers spécialistes et politiques nous ont embarqué dans ce délire pendant des décennies à coup de millions d’euros et cela n’a rien donné, mis à part une population traitée séparément et différemment des autres citoyens en précarité, de parents de nationalités différentes et même de convictions différentes. On constate le résultat.(…) ».

Avec ce qui a été détaillé plus haut dans cet article, on peut constater comme ce discours est contreproductif et même nocif pour notre salut à tous.

Soyons clairs, qu’est-ce qui nous freine vraiment? C’est notre peur. Peur de quoi? De notre propre système. Pourquoi ne voulons-nous pas appliquer des règles existantes à l’encontre des terroristes même au niveau des condamnations et préférons-nous les laisser avec leurs avocats triturer les lois à leur avantage? Tout simplement parce que nous n’avons pas confiance dans notre système et que nous avons peur que cela se retourne contre nous par la suite. Est-ce une peur irraisonnée? Donc, nous préférons être bombardé et massacré dans les lieux publics plutôt que d’être clairs dans nos valeurs et application des lois pour un hypothétique retour de flamme. Or, le retour de flamme, nous l’avons. En premier lieu via les terroristes, en deuxième lieu par le succès de l’extrême droite vers qui paradoxalement les citoyens se tournent pour une hypothétique sécurité mais qui n’offrira qu’un Etat totalitaire et chaotique.

Reprenons le chemin du bon sens tant qu’il en est encore temps, il n’est jamais trop tard. Soyons cohérents, ayons un but commun, des valeurs communes mises en applications, des droits et devoirs respectés sans exception pour et par tous les citoyens, et surtout que les intérêts économiques et politiques qui semblent importants pour ceux qui nous représentent ne faussent pas dans l’action le discours qu’ils tiennent.

Car finalement, ces leaders terroristes et les partis extrêmes réussissent très bien là où nous échouons en « offrant » (même si c’est illusoire) confiance, sécurité, sens de la famille, but dans la vie, idéal, cohérence, unité, parole = action.

Magy Craft

Les livres de Magy Craft

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.