Crimes de guerre, crimes d’agression: mais encore?

Voici un autre sujet typique que seule notre société paradoxale et schizophrénique pouvait créé. Il nous apparait lumineusement quand on lit dans la presse ce genre de commentaires extraits d’articles:  » (…) le procureur, qui a requis «au moins un an de détention» pour «crime de guerre». Selon le parquet fédéral, Ladjevardi a surtout voulu «ridiculiser les victimes, considérées comme des “infidèles”, et les rabaisser après leur mort».(Le Figaro) ou encore des titres comme « L’Allemagne ouvre son premier procès pour « crime de guerre » en Syrie » (La Libre et bien d’autres).

Voyons d’abord la définition de Crimes de guerre:

Un crime de guerre est une violation des lois et coutumes de la guerre (Larousse). En pratique, on ne prendra en compte que ceux d’une gravité particulière et tous les actes de cruauté commis à l’occasion d’une guerre ne sont pas des crimes de guerre. Ne nous leurrons pas. De plus, cette notion de crimes de guerre ne concerne que les militaires ou les autorités qui les commandent et ce dans le cadre d’une guerre. Ceci inclut les cas où l’un des adversaires détruit délibérément des objectifs (matériels ou humains) non militaires (qui comprennent les civils, les prisonniers de guerre, les blessés). Les divers tribunaux dont la CPI (Cour pénale internationale) jugent des personnes et non des Etats ou des organisations. La CPI est par ailleurs non reconnue par les USA et les autres tribunaux sont aussi remis en question par d’autres Etats et gouvernements.

Dès lors, que penser des articles de presse concernant le jugement en Allemagne de Ladjevardi? Peut-on juger un civil de crimes de guerre? Est-que la chambre criminelle de la cour d’appel de Francfort fait subitement partie des tribunaux internationaux? Reconnaître des actions comme crimes de guerre de la part des terroristes, n’est-ce pas les reconnaître comme faisant partie d’un Etat « validé » par l’ensemble de la communauté internationale et ses membres comme des militaires? N’est-ce pas officiellement déclarer les conflits, les attentats comme une guerre, entre qui et qui au fait ? Quel acte de guerre a été signé et par qui?

Nous voyons, encore et encore, que cette manie de vouloir laver notre conscience (nous humains) à tout prix de nos actes les plus vils, nous mène sur des chemins encore plus tordus.

Commençons par le début. Pourquoi faisons-nous la guerre? Sans doute parce que nous en sommes encore à vouloir dominer par tous les moyens possibles ceux qui ne font pas partie de notre « clan » ou qui ne pensent pas comme nous. On a beau écrire, parler, manifester pour démontrer qu’on s’aime et qu’on veut la paix, le fait est,que dans la pratique, on en est toujours pour une raison ou pour une autre à envier ou à détester son voisin; que ce dernier soit de palier ou d’un autre pays. Il en est ainsi partout dans le monde. Alors, il y a toujours prétexte pour faire la guerre. Avec le temps et nos principes que nous voulons civilisés et politiquement corrects, il faut des arguments chocs pour lancer les pays dans le feu des batailles, quitte à en inventer. Nous parlerons alors de la veuve et de l’orphelin, de dictateurs en omettant de dire qui l’a mis en place, d’armes fatales en oubliant les nôtres et le même langage sera utilisé dans le camp adverse. Comme nous l’avons déjà tant illustré, tous, nous avons été, au cours de l’Histoire, victimes ou bourreaux.

Il n’y a pas de guerre propre. C’est une notion qui nous échappe quelque peu. Mais voilà, les citoyens se disent qu’il y a des limites dans les tueries. Alors, la guerre soit mais dans une certaine discipline et avec des codes! On va donc jouer comme dans la cour de récréation mais même les cours de récréation sont violentes. On se met d’accord pour dire que la Croix Rouge, les blessés et les prisonniers doivent être respectés et nourris, bien traités. On les mets à l’écart, ils sont hors combat. On continue à jouer avec les autres. Il ne faut pas non plus toucher aux civils ni viser des habitations. On ne peut pas torturer. La guerre doit être limitée et non illimitée. Il est évident que dans la réalité les choses ne se passent pas du tout de cette façon. Ce ne sont pas des gentlemen qui se battent, qui subissent le froid, la faim, le bruit des bombes, des nuits sans sommeil, la peur. Ce ne sont pas toujours des anges ou des professionnels qui sont sur le terrains, au combat. Alors, oui; il y a des dérapages, des horreurs, des actes de cruauté sans limites à se demander comment un être humain est capable de tels agissements. Il y a aussi les ordres que l’on suit aveuglément car c’est le rôle que l’on a endossé. On ne se pose plus de question, on obéit. Les ordres sont-ils toujours cohérents, purs, au-dessus de tout soupçon?

Il faut, pour notre santé morale, se dédouaner de ces atrocités. Nous offrirons donc aux familles des victimes ou aux rescapés un procès. Cela soulagera notre conscience collective. La guerre était inévitable. Il fallait se défendre. Est-ce le bon argument? Qui sait pourquoi on est parti en guerre? Deuxième question, pourquoi juger seulement les personnes (militaires exclusivement dans le cas des crimes de guerre) et non les Etats ou les organisations? En démocratie, les gouvernements sont la représentation du choix des citoyens. Ce sont donc les citoyens qui devraient être jugés ainsi que leurs représentants et qui devraient rendre des comptes. Nous serions peut-être plus avisés et attentifs dans nos votes et nos décisions collectives si nous étions responsabilisés dans nos actes partout dans le monde.

Le terrorisme soulève un problème épineux et le procès de Ladjevardi en Allemagne en est l’illustration. Nos codes de guerre limitée ne fonctionnent pas, ne s’appliquent plus et par conséquent les procès de purification de l’âme sociétale sont impossibles. Par ailleurs, même si on reconnaissait l’Etat islamique comme Etat officiel et qu’un traité de guerre serait signé entre les nations concernées, le procès des terroristes viserait plus des crimes d’agressions autrefois dits crimes contre la paix que crimes de guerre. Néanmoins l’Etat en lui-même ne pourrait être jugé. Comme quoi ces procès sont tout aussi inutiles que la guerre et la réaction sociétale. Ne parlons même pas des commémorations qui ne servent strictement à rien puisque par lâcheté et par égoïsme on laisse toujours le mauvais, le négatif prendre le dessus et diriger le monde.

Quant aux citoyens et aux Etats qui souhaitent ces procès après conflits pour une raison ou une autre, nous leur demandons encore une fois de bien faire leur examen de conscience et de se demander s’ils ne devraient pas être assis sur le bancs des accusés jugés pour crimes de génocide. Au XXI° siècle, maintenant, à cette minute et depuis des années toutes les grandes nations occidentales, d’Asie et du Moyen-Orient sont responsables pour des raisons purement économiques et territoriales du génocide des peuples d’Amazonie, de tribus en Afrique dont personne n’a entendu parlé, de groupes dans les steppes de la grande Russie, et la liste est bien plus longue qu’on ne l’imagine.

Pour tous ces Humains qui ne font pas la Une de l’actualité, qui n’ont droit à aucun procès, dont on poste parfois quelques photos sans mentionner le rôle désastreux que nos gouvernements et leurs entreprises jouent dans leur vie, pour tous ces Humains: PARDON

Magy Craft

 

Thebookedition.com

« Quand la terre tourne carré »

« Racisme – une idéologie de l’absurde »

« Les article de Magy Craft – Tome I  »

 

 

 

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