A côté de la plaque ou malentendu?

Lorsqu’une personne s’exprime, son interlocuteur capte seulement 40% de ce qu’il dit. A cela, il faut soustraire son degré d’attention, sa connaissance du sujet abordé, s’il est dans l’ouverture ou sur la défensive, le climat dans lequel a lieu l’échange verbal, l’élocution de celui qui s’exprime, si des tiers interviennent ou pas, etc

On comprend vite qu’en fin de parcours il reste un pourcentage très faible pour que celui qui s’exprime ait pu délivrer son message comme il le souhaitait mais surtout que celui qui est supposé le recevoir l’ait entièrement assimilé et capté dans l’intégralité les nuances et le fond (qu’il soit d’accord ou pas).

La partie orale, quoique très intéressante, ne sera pas détaillée aujourd’hui. Aujourd’hui, nous nous pencherons sur la partie écrite. Lorsque l’on mentionne l’écrit, on pense directement à texte, interprétation, traduction, version ou encore herméneutique. En effet, c’est bien de ce côté que votre Magy vous emmène.

La raison est bien simple et compliquée, comme toujours, puisque tout droit issue d’une tragédie, de plus en plus répandue, celle de ne pas correctement lire (comprendre la teneur) le texte, l’article ou autre écrit qui n’aurait même pas particulièrement un sens profondément caché et dont il faudrait aller chercher la signification dans les tréfonds de l’esprit de l’auteur. Et encore là, il serait parfois dangereux de s’y engouffrer car qui peut savoir?

Pour faire simple, et c’est suffisant en soi, restons gentiment cantonnés aux articles et textes généraux qui circulent sur le Net. Ces derniers peuvent émaner d’auteurs, de « blogueurs », d’éditorialistes, etc

Il faut, avant de poursuivre, garder en mémoire que le taux de compréhension à l’écrit est bien plus bas qu’à l’oral (!) et que notre toute jeune génération se situe dans une fourchette effarante de 11 à 47 % !!

Pourquoi plus bas qu’à l’oral? Peut-être parce qu’on se donne encore un peu la peine en écrivant de maintenir un certain niveau et/ou de s’interdire de descendre définitivement dans les cavernes de l’incurie et de l’inculture. Quoi que…

Revenons à nos moutons. Il y a, avec les outils actuels, cette facilité de partager un article ou un texte que l’on a apprécié, que l’on trouve intéressant ou d’importance ou encore que l’on exècre, qui nous choque ou qui propage des idées contraires aux nôtres. A partir de là, une simple commande suffit à envoyer l’objet adoré ou incriminé à une multitude avec le plus souvent un commentaire pour bien faire savoir ce qu’on en pense. Et c’est à partir de cet instant que le bât blesse.

Il est de moins en moins rare de constater que le commentaire qui accompagne le document envoyé soit en relation avec l’idée exprimée par l’auteur du texte, de l’article, etc….,

Les personnes, qui recevront le message, ne liront pas en majorité le document de départ mais exclusivement le commentaire de celui qui a envoyé le message et feront à leur tour un commentaire par rapport au commentaire de l’expéditeur et feront automatiquement un partage mentionnant un résumé de ce qui sera sorti des échanges sur « leur page » sans vérifier ou se soucier si cela à encore le moindre rapport avec l’idée première de l’auteur dont le texte ou l’article suit toutes les pérégrinations en annexe, et ainsi de suite….. en finalité et après de nombreux partages commentés sur les commentaires qui n’ont plus rien à voir avec l’essence du texte d’origine on en arrive à des polémiques ou des distorsions bien connues de notre société.

Comme pour l’oral, la réplique première sera que la faute incombe à l’auteur. C’est à lui que revient « le devoir » de se faire comprendre. On plonge comme à l’accoutumée dans la facilité et dans le sophisme. On est apparemment destiné à la formule sujet-verbe et un seul complément.

Il faut distinguer les écrits qui ont vocation d’incendier les foules ou d’anesthésier les esprits, de ceux qui se destinent à exprimer un avis, un sentiment, une situation, une philosophie d’un auteur.  Dans le premier cas, en effet, ces écrits seront (et ils le sont) simples, sans fioritures, sans équivoque. Dans le deuxième cas, l’auteur utilise le style qui est le sien et il appartient à ceux qui lisent ses écrits de faire l’effort de les comprendre si un intérêt leur est porté.

Votre Magy a également observé cette mauvaise compréhension, interprétation avec ses propres écrits. Elle l’observe dans les commentaires qui sont faits par certains (souvent les satellites) et elle se demande parfois si son correspondant ne s’est pas trompé de site ou lors du partage d’un de ses articles accompagné d’un commentaire qui induit une traduction-version (ne parlons plus d’interprétation) bien particulière du texte ou carrément l’inverse du sens originel (généralement quand le lecteur est perplexe ou se sent visé). Votre Magy doit-elle dès lors changer sa façon d’écrire, modifier son style afin d’être comprise par l’entièreté des lecteurs qui passent? La réponse est non. D’abord, parce qu’on n’est jamais compris par tous. Ensuite, est-ce réellement la faute de l’auteur ou de l’orateur s’il n’est pas compris de certains? Cela n’induit toujours pas la notion d’accord ou de désaccord, qu’on s’entende bien sur ce point.

Il est vrai que nous rencontrons des petits comiques qui font exprès d’être incompréhensibles pour paraître éclairés particulièrement lorsque leur texte s’adressent aux foules qui reprochent à leur chef d’Etat de « pas parler pour/comme tout le monde ». Paradoxe.

Pourquoi un niveau de plus en plus bas dans la compréhension et l’interprétation d’un texte? Un facteur pourtant primordial pour le libre arbitre et la notion de décision, de choix de vie et de société du citoyen. Il semble que les citoyens ne fassent pas le lien entre ce qu’ils sont censés devoir connaître pour s’affranchir des démagogues et de la bêtise et leurs demandes de facilité, simplicité dans les études et dans la manière dont ils souhaitent qu’on s’adresse à eux. C’est du moins ce que prétendent les sondages et les médias. De l’oeuf ou de la poule? Une demande de simplicité par manque de capacité? ou une impossibilité grandissante de décryptage par des acquis trop simplistes?

On en revient, donc, au point de départ celui de la connaissance et de l’école. Tout est toujours lié et la parcellisation de l’esprit et des idées est un handicap.

Lire c’est déchiffrer. Sans déchiffrage, il n’y a pas de capacité de lecture et donc pas de compréhension.  L’erreur est sans doute de croire que seule la capacité intellectuelle de l’individu entre en ligne de compte dans cet apprentissage. Quand on pense qu’on ignore l’importance des graphèmes et que ceux-ci demeurent indéchiffrables pour beaucoup ou posent des difficultés, on est en droit de se poser de vraies questions.

Ce qui est par contre important est l’activité intellectuelle, le tempo et le code de déchiffrage enseigné. Depuis la fin des années ’70, il semble que les laboratoires dans lesquels sont plongés les enfants n’ont pas donné de bons résultats. Hasardeux, est l’acharnement à perpétuer des méthodes ou à en créer d’autres non productives en invoquant une moindre résistance des enfants actuels aux études.

La compréhension est avant tout ou après tout qu’une activité mentale de construction de sens. Mais nous avons déceler si souvent que nous avions perdu notre bon sens, la construction est donc bancale.

La compréhension est directement liée à ce que les personnes savent sur un domaine et donc aussi à la culture générale, aux informations linguistiques, à la mémoire (apprendre la poésie n’est pas un luxe comme le crient les sophistes). Apprendre le grec ancien et le latin, faire les versions est un excellent exercice!

Les capacités de déchiffrage des élèves (des futurs adultes/citoyens) varient en fonction de l’avancée dans l’étude des correspondances graphophonémiques. Il est vital qu’une concordance parfaite s’établisse entre le niveau de cette étude et le taux de déchiffrabilité des textes. Le tempo est aussi un facteur primordial dans l’enseignement.

Les tempos les plus lents pénalisent les élèves, surtout s’ils sont initialement faibles. La raison est que ces élèves « n’ont pas suffisamment d’éléments à leur disposition pour réussir à décoder les écrits proposés.

La relation entre les capacités de décodage des élèves et leur activité (pas capacité) intellectuelle se trouve ici confirmée. Un tempo rapide est bénéfique car il accroit la clarté cognitive des élèves et leur capacité d’auto-apprentissage, tout en évitant découragements et tâtonnement hasardeux.

Tous les écrits sont  déchiffrables quand leur lecture s’articule immédiatement  à la connaissance des combinaisons syllabiques des graphèmes étudiées. C’est ce que ne fait pas la démarche « intégrative » ou mixte qui donne à lire aux élèves des phrases et des textes dont les mots peuvent faire l’objet d’un déchiffrage total ou simplement partiel, d’une reconnaissance globale ou d’hypothèses construites à partir du contexte linguistique ou imagier. Lorsque les élèves sont invités à lire, il leur faut à chaque fois chercher le moyen qui leur parait le mieux approprié pour identifier les mots, dans le but de trouver la « bonne » stratégie pouvant « convenir » .


Il faut privilégier l’attention et la concentration. Ceci est la base de toute bonne compréhension, analyse et interprétation. C’est bien tout le contraire qu’on enseigne en mêlant des tas de facteurs qui distraient (vidéo, éléments sous-jacents, etc…). Le résultat: des adultes devant l’art ambigu, devant l’herméneutique, devant cette théorie des opérations de compréhension tant pour les textes, que pour les actions ou encore les échanges oraux et qu’il ne parviennent pas à maîtriser.

L’enseignement de la compréhension est à l’image de la société, il donne quelques clefs pour canoter mais ne rend pas indépendant pour la grande navigation. Seuls ceux qui possèdent force et volonté peuvent s’extraire du marasme et procéder au décryptage et ainsi se faire leur propre opinion.

Comprenez bien,

Magy Craft

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