Ce cynisme social exprimé au travers de la moquerie, du sarcasme.

Les discours, les débats, les commentaires où fleurissent les moqueries, les sarcasmes sont très populaires. C’est un excellent moyen pour attirer des électeurs ou pour faire grimper l’audimat. La presse l’a toujours su, les titres des articles étant à mille lieux du contenu. Est-ce la meilleur façon de répondre au cynisme d’une partie des électeurs ou cela ne sert-il pas à davantage l’alimenter ? Ce cynisme qui ne reflète que suspicion et défiance. Ce cynisme social qui d’attentes de départ trop élevées et déçues des institutions et des autorités serait accru et créerait un sentiment de désillusion et de trahison. Une attente trop élevée parce que les connaissances manquent, parce que les promesses sont mensongères, parce que les commentaires partent dans tous les sens. Parce qu’il n’y a pas de projet commun. Parce que les pays sont aussi morcelés que l’est l’Union.

La moquerie utilisée quotidiennement est pourtant une forme de communication perverse car tout en paraissant gentil ou sympathique (souvent), le moqueur manque de respect vis-à-vis de la personne ciblée. La moquerie est une forme d’humiliation pour rabaisser l’autre et les personnes qui l’utilisent dans leur discours attirent toujours les foules.

Si au niveau du moi personnel, on s’insurge contre ce type de procédé que l’on qualifiera de harcèlement dans certains cas ou de comportement inadmissible et nuisible dans d’autres (inclus dans les écoles ou les réseaux sociaux dans le cas de la jeunesse ou encore des femmes dans l’espace public), au niveau de certains autres, les individus de la société n’ont aucun problème de conscience à user et abuser de la moquerie ou du sarcasme. Le sarcasme tournant la personne en dérision et étant sans conteste une raillerie insultante et agressive. Il ne s’agit que très rarement d’ironie, cette figure de style où l’on dit le contraire de ce que l’on veut faire entendre et donc par extension une moquerie et encore moins d’une ironie socratique qui feindrait la naïveté pour exposer la faiblesse de l’autre. Pour cela, il faudrait qu’un schéma, un but se dessine tout au long du débat ou de l’article, mais il n’en est rien. On reste dans la forme la plus pure de la mesquinerie qui ne fait que rabaisser le niveau de notre société déjà en perdition. C’est ce qui rend, à de rares exceptions, les émissions politiques non seulement inintéressantes mais préjudiciables pour les idées véhiculées auprès de l’opinion publique ainsi que pour un certain type de comportement que l’on commentera dans d’autres émissions.

Votre Magy a souvent l’occasion d’en parler dans ses articles et en a longuement décrit les symptômes dans « Eloge d’une société sous névroses ».

Ce qui choque et alarme surtout votre Magy, est cet irrespect et cette humiliation constante utilisés à l’encontre des individus faisant partie de la classe politique. Les individus ayant choisi de servir leur pays et ses citoyens sont aussi des êtres humains.

C’est sans vergogne que tout un chacun se permet de les salir, de les humilier, de les harceler, de leur coller une étiquette, de les mettre tous dans le même sac, de décider s’ils ont droit à des congés ou pas, s’ils ont le droit de gagner leur vie ou pas, d’exiger qu’ils soient parfaits et que jamais ils n’aient un cheveux de travers ou un mot de trop ou trop peu, qu’ils soient assis d’une telle façon et pas d’une autre et encore se sera bien pour X et pas pour Y, qu’on se permette de mettre en cause leur intégrité et leur libre arbitre, qu’on leur fasse des procès d’intention, qu’on les condamne avant les enquêtes et les procès.

Cela devient insensé et inhumain. On ne le permet même pas pour des criminels et des psychopathes internés !

Le pire dans tout cela est lorsqu’il y a un dictateur au pouvoir, personne ne bouge ! Et pour cause ! Il est surprenant, quoi qu’on dise, que l’on porte atteinte à l’essence même de l’être quand il s’agit des moins dangereux pour nos démocraties. Cherchez l’erreur. Nos pays ont même permis à ces tyrans de faire campagne chez nous. Nous n’intervenons d’aucune façon chez et pour nos amis voisins quand ils nous appellent à l’aide et que l’on constate que toutes les valeurs démocratiques sont en train de battre de l’aile. Nous nous permettons même avec ces persifflages inutiles, infondés et mal gérés d’entrainer les derniers bastions dans la catastrophes.
Que chacun prenne et pense bien à ses responsabilités !

« La commune mesure des hommes ce sont les petitesses et non la grandeur. C’est pourquoi l’on pousse tant en relief les faiblesses qui peuvent rabaisser un peu les plus grands. » Pierre Reverdy – Le livre de mon bord.

Craftiennement vôtre,

Magy Craft

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