Le terrible silence du XXI° siècle

Nous souhaitons tous vivre librement dans une société pacifiée, sécurisée et sécurisante, nous offrant une qualité de vie digne et la satisfaction d’être reconnu pour ce qu’on y apporte en matière de travail, d’aide ou de n’importe quelle autre façon ou raison. Ceci devrait résumer le souhait de chaque individu membre de la société et donc de corps constituant de cette société.

Un point important qui est constamment mis de côté est bien cette notion de « chaque individu comme corps constituant de la société ».

Malgré le fait que l’on parvient parfois à extraire, du brouhaha général, l’idée de justice et d’équité pour tous, on est bien loin du compte (martelée mais pas appliquée), tant dans la pratique que dans les programmes politiques, même de ceux qui vocifèrent et tout autant dans les idées et le comportement des citoyens qui se définissent tous comme pièces prioritaires de ce grand puzzle qu’est la société.

L’interaction positive et créatrice est devenue la grande absente voire l’inconnue dans le fonctionnement de la société. Tout doit s’opposer, se défaire ou se démolir. La violence doit prendre le pas sur la compréhension car soi est plus important que l’autre mais soi est aussi l’autre du voisin. La grande cacophonie de la confusion et du chaos est en place pour tirer la société et l’humain vers le bas ainsi que pour  raviver ses instincts les plus primaires alors que le souhait premier semblait bien être le contraire. Parce que l’égoïsme et la peur sont les mamelles du repli et de la haine et que, justement, la peur est l’envers du courage et que l’envie est l’opposé de l’équanimité, il ne pouvait en être autrement.

Il est tout à fait inutile de vouloir distinguer le bon citoyen du mauvais. La situation actuelle, dans chaque pays de l’Union européenne, nous démontre combien le cas est bien plus complexe et que vouloir le réduire à la notion « d’amalgame et de bons et de méchants » nous fait passer à côté des  notions du bon sens et de celui de prendre les bonnes mesures pour empêcher toute déviation négative que ce soit, au lieu de les permettre voire de les justifier.

Il est difficile de soutenir l’argument, bien que beaucoup le tentent, du bien-fondé de la violence au nom de libertés incontrôlables en lieu et place d’interdire la violence au nom de l’éthique et de la morale pour permettre l’expression en toute liberté.

La dérivation de nombre de pays de l’Union européenne vers une politique extrême/radicale de droite ou de gauche nous montre combien il est aisé pour un individu « normal » de plonger dans la marmite des peurs, des égoïsmes, des luttes de division entre citoyens du même pays (alors ne parlons même pas de l’Union, de l’Europe et du monde) en prétendant « se battre jusqu’au bout » pour des droits qu’on lui a enlevés et un niveau de vie indigne alors qu’il met en place un pouvoir qui lui enlèvera des droits chèrement acquis et une impossibilité de sortir d’une position sociale dans laquelle il sera mis de manière définitive. Il aura légalisé de son propre gré un système autoritaire, deux castes sociales au niveau de la richesse et du pouvoir, enlevé tous les droits des femmes et des minorités jusque- là protégées ainsi que celui de la presse et de la Justice.

Car là est bien tout le drame qui se joue maintenant dans nos pays de l’Union.

C’est dans un terrible silence, qu’au nom d’un « racisme socio-économique » et d’une cacophonie au sujet de l’immigration, que des individus (hommes et femmes) des pays de l’Union votent pour des partis qui retirent à la femme tous ses droits, son rôle dans la sphère publique. 

Comment est-il possible que les citoyennes, les femmes politiques, les médias, les divers organismes de défense des droits ne se manifestent pas davantage et ne rendent pas compte de la situation ainsi que du danger de celle-ci ? Au-delà de toute considération politique, il s’agit de défendre le peu de place que la femme possède dans nos sociétés malgré tout. Il est tout à fait surprenant et paradoxal qu’alors que des campagnes soient lancées pour le harcèlement, pour la parité, pour l’inégalité des salaires pour un même poste, pour la violence conjugale, pour les difficultés rencontrées dans le quotidien pour les mères célibataires, etc., personne ne mentionne ce qui attend les femmes avec la mise au pouvoir de partis extrêmes/radicaux quels qu’ils soient. Surprenant et paradoxal que les femmes ne soient pas plus vigilantes et se jettent dans la gueule du loup parce que la haine du plus riche est plus forte que sa sécurité, que sa peur de l’autre est plus forte que le préjudice de la perte de ses droits.

Ce silence est assourdissant. Ce silence est assassin. Ce silence entraîne des millions de femmes dans le gouffre dont elles peinent à s’extraire.

La société se sent mal. Elle se sent mal parce qu’elle ne réfléchit pas à un projet d’évolution qu’elle doit créer avec la coopération de l’ensemble de ses acteurs. Les référentiels, les systèmes de pensée sont différents mais l’objectif doit être le même, une pacification de la société pour que son évolution puisse se faire autrement que par le passé, sans que l’on soit obligé de passer par la case départ, comme à chaque fois, et par devoir enjamber les cadavres de concitoyens qui pour la plupart n’ont pas demandé à mourir pour entrer dans le chaos et l’effondrement de nos démocraties, de nos valeurs intrinsèques.

Les partis extrémistes/radicaux se sustentent de la colère, de la peur et de la méconnaissance de sujets clefs de la part des citoyens. Ils ont besoin de bouc émissaire, ils ont besoin de défaire la politique des autres. Quand ils seront au pouvoir, ils devront rester en place. Qui sera alors leur bouc émissaire ? Qui devront-ils alors abattre pour continuer à stimuler la colère et la peur de leurs fans ? Vers quel type de société s’engagent les citoyens qui limitent leurs objectifs à des critères égoïstes, simplistes et à court terme avec néanmoins des conséquences à très long terme ? Tous les citoyens verront leurs droits se restreindre et le dialogue rompu avec leur idole. Tous les pouvoirs seront centralisés et les recours impossibles. Les démagogues sont des idoles qui ne partagent ni le pouvoir ni les idées. C’est un déjà vu. Après quoi courent-elles donc toutes ces poules sans tête?

La façon dont les partis politiques se sont conduits jusqu’à présent et particulièrement dans les dernières décennies a accentué le malaise dans la société. Ces derniers n’ont pas été pro-actifs en imaginant la société de demain et la place de la personne dans ce nouveau contexte mais sont, en prime, restés figés sur le modèle des oppositions d’idées et non de l’échange et de la coopération créant par cela non seulement une division au sein même des citoyens mais aussi dans la possibilité de faire avancer sereinement la société vers l’objectif premier, celui de la concorde et d’un niveau de vie digne pour tous sans devoir en passer par la haine de l’un ou l’autre.

Après avoir essuyé de nombreux échecs, après avoir ouvert la porte aux partis radicaux/extrêmes de tous bords, après leur avoir permis d’être à la tête d’un pays ou en coalition dans un gouvernement, voilà qu’ils leur permettent de prendre possiblement assez de pouvoir pour mettre en danger l’Union et nous fragiliser tous par rapport au reste du monde. Les partis, dits traditionnels, continuent envers et contre tout à se tromper d’ennemis et à se combattre selon des recettes périmées qui font vomir tout un chacun, sauf les commentateurs qui s’y retrouvent mieux dans l’univers gauche/droite et pugilats. Des partis déchus qui veulent revenir en « reconquista » comme les socialistes en Belgique avec à leur tête un ex-Premier amer et revanchard prônant les recettes utilisées par l’extrême droite, et par tous les partis à la mode actuellement, dont celle du « racisme socio-économique ». Votre Magy utilise volontairement le terme racisme qu’elle combat depuis toujours car il remplace aujourd’hui celui de la lutte des classes. Cette lutte des classes est bien une idéologie comme le racisme et elle est le cheval de bataille actuel tant des gilets jaunes que de tous les partis qui veulent le pouvoir sans penser plus loin, sans penser à demain. Les hostilités entre partis traditionnels pour le pouvoir ne servent ni un pays, ni les citoyens, ni l’Union. Elles ne servent que ceux qui veulent les divisions, les régressions, la désintégration d’un pays et de l’Union.

Dès lors les partis traditionnels sont les complices des partis extrêmes/radicaux et de ceux qui permettront la prise de pouvoir par les premiers, ce qui changera le visage de nos sociétés. S’étendra plus largement ce qui existe déjà dans une partie de l’Union, une régression voire une abolition des droits de la femme et de sa position dans la société occidentale ainsi que plus largement les droits fondamentaux de tous.

Cette complicité des partis traditionnels à la destruction de nos démocraties s’exprime par leur volonté de se détruire mutuellement et non pas de s’allier pour faire face en front commun au véritable danger qui guette les citoyens dont ils sont responsables. Ils en sont responsables de par leur fonction, leurs connaissances et leur serment (si cela veut encore dire quelque chose pour quelqu’un). Ils en sont responsables de par leur incapacité à se transcender et à pouvoir imaginer une nouvelle façon de diriger leur pays. C’est en acceptant d’être tous dans le partage des idées constructives pour le bien de l’ensemble de la société que tous garderont leur job sans devoir diviser la population et l’Union et que la population pourra participer et vivre décemment en société sans devoir trucider son voisin.

Il reste moins de quatre mois pour que les partis démocratiques de tous les pays de l’Union repensent leur façon d’agir, de s’exprimer, de travailler en commun, de réagir face aux extrêmes, d’informer les citoyens par rapport aux droits des femmes, des individus en général ainsi que des vrais enjeux des élections européennes de mai 2019. Ces élections sont capitales et les radicaux l’ont bien compris. N. Farrage est réapparu au Royaume-Uni, lui l’extrémiste de droite qui a poussé au Brexit sur des mensonges liés à l’immigration. Plusieurs dirigeants de nos pays sont dans l’incapacité de pouvoir agir correctement de par la déstabilisation créée dans leur État (gilets jaunes, opposition). Les médias ont aussi leur part de travail dans cette étape décisive car si certains historiens parlent déjà d’un chapitre à faire étudier aux prochains étudiants, autant qu’il soit cette fois favorable et honorable pour nous. N’oublions pas qu’une partie des médias dans certains pays ont eu un rôle prépondérant dans l’intensification du mouvement des gilets jaunes et qu’ils lui ont octroyé un pouvoir qu’ils n’auraient pas dû avoir au vu des conditions dans lesquelles ils agissent et certainement pas étant donné qu’ils ne sont pas apolitiques comme Magy l’a souligné dès le départ. Que certains citoyens aient été abusés et utilisés ne fait pas de doute et c’est triste mais dans l’absolu c’est bien une machine avec un but politique qui a été mise en action.

C’est d’autant plus évident quand on s’arrête au paradoxe des commentateurs. Tout en signalant après des semaines (enfin) que ce mouvement existe un peu partout en Europe, ils continuent tous malgré tout à vouloir le résoudre au niveau national et à tenir leur dirigeant comme responsable du mal-être du « peuple ». Il y a comme une ineptie immangeable. On s’arrêtera là.

Combien de temps entendrons-nous encore ce bruyant silence ?

Craftiennement vôtre,

Magy Craft

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