LA GRANDE HONTE

Un fléau fait ravage dans nos sociétés et inexplicablement cette calamité est non seulement admise mais reconnue comme faisant partie intégrale de nos valeurs démocratiques. Il s’agit de la dictature.

Qu’elle soit de gauche ou de droite, cette tendance extrême, cette politique extrémiste qui en fin de course attribuera tous les pouvoirs à une seule personne, n’a qu’un but celui de gouverner sous la pression, sous la terreur et sans aucune concession.

Malgré toutes nos commémorations, malgré toutes nos souffrances du passé, malgré tous les avertissements récents et continus, chaque pays de l’UE a laissé un parti d’extrême droite ou un parti exhibant des valeurs à l’opposé de celles de nos sociétés démocratiques avoir sa place dans notre système politique, dans le système électoral. Non pas pour satisfaire des citoyens xénophobes, à l’esprit obtus ou encore et malheureusement endoctrinés à leur insu mais « simplement » pour favoriser leur propre élection (en théorie…). Et voilà où nous en sommes dans de nombreux pays de l’Union européenne aujourd’hui (pour ne parler que d’elle). Il semble naturel à chacun d’entre nous de discuter de l’élection aux plus hautes fonctions du pays d’une personne, d’un parti dont les visées politiques et les pratiques sont aux antipodes de ce qu’espèrent une partie de ceux qui croient mordicus que la haine et la violence ne seront toujours tournées que vers « l’autre » mais qui sera l’autre demain?, qui pensent que s’isoler et faire abstraction du reste de leurs alliés leur apporteront paix et prospérité, surtout qui oublient de se documenter, de lire entre les lignes, de regarder justement hors de leurs frontières et vérifier par eux-mêmes si les isolationnistes et les apostats sont vraiment au Nirvana et si leur choix de désertion a été décidé sur de bonnes informations ou sur de la propagande.

Il n’existe pas d’autre mot que celui de HONTE pour évoquer la désinvolture avec laquelle les politiques ont introduit le monstre dans notre maison tout en brandissant le spectre des atrocités des dictatures et du nazisme ainsi que les meurtrissures des goulags et du rideau de fer. Jusqu’au bout et maintenant encore, ils préfèrent se chamailler et refusent de mettre en commun le meilleur de leurs idées dans l’intérêt de leur pays, dans l’intérêt de l’Union européenne, dans l’intérêt de plus de 500 millions de citoyens. Dans plusieurs pays de notre famille européenne, le risque est grand de voir l’extrême droite prendre le pouvoir, dans d’autres nos compatriotes nous appellent et manifestent contre une mise en place d’une dictature. Que faisons-nous? Rien! Nous jouons avec le feu, nous attisons le feu, nous voulons l’incendie.

Honte aussi pour le monde des médias et de la presse (en grande partie). Comment peut-on commenter une montée de dictature en démocratie sans sourciller. Comment peut-on faire et encore faire des débats et interviewer des personnes du chaos sous prétexte qu’elles « représentent » des citoyens « en colère »?? Ces « professionnels » auraient-ils oublié leur cours d’Histoire, leurs débats précédents et se rendent-ils vraiment compte de ce qu’ils sont en train de faire? Si certains politiques n’avaient pas introduit la bête dans l’arène la colère se serait traduite autrement que par l’inadmissible. Que se passe-t-il dans la tête des Occidentaux?

Ces mêmes médias et journalistes qui tout à fait inconscients ou fous démolissent des candidats de la démocratie sans en faire autant ou à peine pour les membres des familles extrémistes. Un pur délire. Des citoyens qui pardonnent les fautes des dictateurs sans pardonner aux démocrates, un autre délire. Des journalistes qui devraient devenir des conseillers de campagne électorale mais surtout qui devraient réapprendre non seulement leur métier mais leur raison d’être. Aucune éducation, aucune information, aucune participation à la construction de la famille européenne n’a eu cours depuis sa création. Les pays membres ont été eux-mêmes à l’origine de la méfiance et du dégoût citoyens de l’UE en la prenant pendant des années comme bouc-émissaire de leur mauvaise gestion ou de leurs choix politiques difficiles à faire accepter par leur population. Les médias et la presse, les participants aux débats ont chanté la même chanson favorisant année après année le climat délétère dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui.

Personne, non personne, ne soulève l’évidence qu’il est anti-démocratique d’élire des nazis, de mettre l’extrême droite au pouvoir dans l’Union européenne, dans un pays de l’Europe, dans n’importe quel pays du monde. Par ailleurs les dictatures ne doivent pas exister tout court. C’est comme si dans une maison de dix habitants, un déprimé décidait de mettre le feu, parvenait à convaincre cinq individus que c’est une bonne idée et que la majorité l’emportait. Dans les faits, est-ce normal de faire brûler dix personnes vivantes?

Le pire dans tout cela est de constater que pour les politiques et les journalistes le réel semble irréel. Prenons le cas de la France. Le résultat du premier tour n’est guère réjouissant et que d’émissions et de papotages avant les votes. Nous avions constaté l’irréflexion journalistique et de certains autres protagonistes de lapider pendant des semaines un candidat d’un parti démocratique pour qu’il lave plus blanc que blanc en faisant fi de la lessive des autres et favorisant ainsi la présidente d’un parti d’extrême droite qui se moque du produit de lavage et de la présentation de sa lessive, ce que tout le monde semble trouver normal sans se demander quel sera son comportement quand elle sera à la présidence du pays et qu’elle aura encore moins de compte à rendre. Ces mêmes journalistes ne pourront plus tendre de micro et papoter comme ils le font, y pensent-ils? Même pas! Qu’ils continuent donc tant qu’ils le peuvent à faire du n’importe quoi.

Car ils le font! Les résultats tombent et qui en prend plein la tête? Mais Macron bien sûr! Pourquoi? Mais parce qu’il ne fait sans doute pas partie d’un parti d’extrême droite. C’est comme cela que l’on finit par analyser le comportement des médias et de la presse française. Mais oui dites, c’est très grave de fêter la victoire du premier tour surtout quand on vous a enfoncé pendant un an. C’est plus grave que de vouloir isoler la France du reste du monde. Et puis, on commence à lui donner des conseils et à relever qu’il ne s’adresse pas à la France périphérique!? Nous devons rêver car vu de l’extérieur cette attitude est absolument invraisemblable. Nous assistons donc à la dévalorisation médiatique sans vergogne des électeurs de Macron, de cette France là mais nous avons souvent entendu qu’il fallait considérer les électeurs du Front National comme des citoyens « comme les autres ». A la différence que ces derniers votent consciemment ou inconsciemment (peu importe) pour ce pourquoi nous nous sommes battus, nous nous battons encore, nous commémorons nos morts. Cela fait penser au parti pro sharia autorisé en Belgique parce que les radicaux à l’époque étaient des citoyens aussi comme les autres. Et puis n’oublions pas nos amis des sondages. Macron sera président. La présidence devient donc accessoire et tout le monde est déjà passé aux législatives!

Politiques, Union européenne, Commission européenne, médias, presse, citoyens: personne ne peut être fier aujourd’hui en Europe occidentale.

Magy Craft

la honte - copie

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