Les syndicats: service ou raison d’être?

Dans les pays de l’Union européenne durement frappés par une crise économique interminable et un système politique obsolète, nous avons vu comment les différents acteurs de la société se comportent et contribuent par leurs contresens à leur propre insuccès et mise en péril. Les optimistes et innovateurs devant se confronter aux pessimistes iconoclastes embourbés dans un schéma duquel ils n’arrivent pas à sortir faute d’imagination. C’est ainsi que l’on permet l’incrustation et la propagation des terroristes islamistes, que l’on favorise l’endoctrinement de millions de citoyens par l’extrême droite ou l’extrême gauche ou toute forme d’extrême et que l’on croit par dessus le marché qu’une fois encore on les a évincés alors qu’ils reviendront sous un autre nom, un autre visage, un autre programme. Donc, les vieilles habitudes reviennent illico presto en refusant un comportement sensé, en reprenant une opposition partisane destructrice et non constructive et en permettant à n’importe qui de déblatérer sur antenne des mots comme dissident, prise de pouvoir, débauchage, prise de guerre en parlant d’un chef d’Etat et de ses ministres élus par vote démocratique.

 

Et les syndicats?

Il fut une époque où la création des syndicats fut une nécessité afin d’obtenir un salaire et des conditions de travail dignes. Il fallait un changement. Il fallait que des individus prennent en charge les travailleurs pour les informer, les guider et pour négocier en leur nom. Personne ne l’oublie.

 

Le temps a passé. La société a changée, ses besoins aussi. Les syndicats se sont métamorphosés en super structures qui souvent s’affrontent entre elles. Ils sont devenus des interlocuteurs incontournables des gouvernements. Ils tiennent toujours le verbe haut, mènent les troupes, bloquent un pays, prennent les citoyens en otage, s’allient à des partis politiques, séquestrent les PDG des entreprises, veulent diriger les sociétés tout en voulant une politique qui les mène à leur ruine ou les empêche de se développer.

 

Les syndicats comme les autres acteurs de la société sont en plein paradoxe et schizophrénie.

 

Quelle que soit la tendance du gouvernement au pouvoir, ils ne sont pas satisfaits des mesures prises et crient au désastre. Le grand désastre concernant principalement la perte d’emploi, disons les licenciements massifs ou les pertes d’emploi en grand nombre (en-dessous d’un certain nombre, on ne manifeste pas!).

N’est-ce pas parce que les syndicats ont d’un côté oublié de s’adapter aux nouveaux défis et besoins de la société et d’un autre côté parce qu’en voulant sortir de leur fonction première qui est celle de protéger, ils se sont investis dans un rôle politique et de management pour lesquels ils n’ont pas le costume. Ils en oublient qu’ils se présentent comme étant au service de toutes les catégories des travailleurs. Or, le constat est sans équivoque quand il s’agit de voir pour qui et pour quel motif les grèves éclatent et les oppositions violentes à n’importe quel gouvernement se font.

 

Si une politique de gauche, de droite ou de coalition ne peut satisfaire les syndicats et que leurs récriminations restent les mêmes, que les pertes d’emploi demeurent aussi élevées et qu’aucun accord n’est jamais possible, cela ne prouve-t-il pas que ce sont bien les idées fragmentées qu’on nous oblige à suivre qui sont un problème. La ségrégation des idées entraîne une carence dans les résultats. Malgré tout, les syndicats continuent à emporter leurs membres dans une optique stérile qui n’a rien délivré et qui malgré le reniement du gouvernement portant les couleurs de leurs convictions, ils veulent en perpétuer les erreurs comme on se cogne indéfiniment la tête contre le mur.

Les syndicats tendent à ressembler à tous ces extrêmes dont le leitmotiv est la décapitation des patrons, pas de libéralisme pour les entreprises et les particuliers qui veulent entreprendre, pas de liberté dans les horaires et les jours de travail quelle que soit votre fonction, votre statut, votre envie, votre situation familiale.

Pas de liberté.

Comment ne se rendent-ils pas compte que sans entreprises et sans leur viabilité, il n’y a pas d’emploi du tout? Au nom de quoi s’arrogent-t-ils le droit de décider sous quelles conditions toute une société doit travailler et vivre surtout si cela va à l’encontre de ses intérêts? Qui sont-ils pour diriger et décider de la stratégie d’une entreprise dont ils ne sont pas les actionnaires?

D’un autre côté, ils attendent du gouvernement que ce dernier trouve un acheteur pour une entreprise qu’ils ont assassinée par une politique inadaptée ou des mesures qu’ils ont bloquées et qu’ils remettront en pratique le lendemain.

Cette attitude n’a plus rien à voir avec la protection et la garde du respect des droits des travailleurs, de tous les travailleurs. En favorisant une seule catégorie, ils portent préjudice aux autres qu’ils sont aussi censés protéger.

Les idéologies mal placées sont meurtrières. A chacun sont rôle. A trop faire et vouloir, les syndicats risquent bien de se faire du tort et donc de faire du tort à ceux qui comptent sur eux.

La justification désespérée d’une raison d’être à tout prix qu’elle soit syndicale ou partisane est délétère.

Magy Craft

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