La mécanique des déviants

« (…) Nous sommes devenus aussi de grands moralisateurs. Notre égo a augmenté de volume bien plus que la capacité de notre cerveau qui du reste n’est toujours pas utilisé à sa juste valeur. La cage est parfumée du soufre de la morale de celui qui la donne sans la suivre. Cette époque est tellement jonchée d’inepties qu’il est ardu de trouver un sentier praticable pour nous guider vers un semblant de compréhension qui pourrait nous aider à remettre nos têtes à l’endroit. Les nuages semblent si noirs et si bas que les épaules se courbent et que le renoncement tapi dans un coin attend sa victoire. Elle est bien loin notre belle tour de Babel, nous sommes dans un asile psychiatrique. (…) » Extrait de « Quand la terre tourne carré » 2013 – Thebookedition.com

Voilà ce que votre Magy écrivait et qui lui est revenu en mémoire en entendant certaines extravagances de pensée et de parole ainsi que la constatation d’une itération de comportement des acteurs de la société concernant un sujet dont découlent d’autres matières; nous pensons à la moralisation de la vie politique.

C’est sans doute un thème récurrent un peu partout dans le monde et pas en seulement en France. Le tout est de savoir ce qui est entendu par moralisation par ceux qui demandent cette « moralité, ceux qui s’en emparent et ceux qui vont en jouer.

 

Qu’est la moralité? 

 

« Souci de quelqu’un, d’un groupe, de conformer sa conduite à un ensemble de principes moraux. » Dictionnaire Larousse

 

Qu’est la morale alors? « 

  • Ensemble de règles de conduite, considérées comme bonnes de façon absolue ou découlant d’une certaine conception de la vie.
  • Science du bien et du mal, théorie des comportements humains, en tant qu’ils sont régis par des principes éthiques.

 Toujours selon le dictionnaire Larousse

 

Allons-nous définir les principes éthiques? le dictionnaire nous dit:

  • Partie de la philosophie qui envisage les fondements de la morale.
  • Ensemble des principes moraux qui sont à la base de la conduite de quelqu’un.

Conclusion: Nous savons tous ce qu’est le bien et le mal. Nous pouvons avec intelligence et bonne foi déterminer si nous dépassons les bornes ou non, si nous profitons d’une situation, d’un statut, d’un emploi, d’une fonction, d’une autorité. Pour ceux qui espèrent passer entre les mailles du filet, les lois et les contrôles ont été mis en place. Pour les vrais déséquilibrés et bien tout l’encadrement est prévu normalement…..

Qu’elle est la définition de « moralité » pour les citoyens? Elle est beaucoup plus simple qu’il n’en ressort de tous les papotages des experts et journalistes. Les citoyens souhaitent simplement qu’il n’y ait pas de passe-droit pour certains et pas seulement en politique et que la loi ne s’applique pas que pour eux seuls. Ils demandent aussi que les revenus de l’Etat (les taxes) ne proviennent pas seulement des revenus des salariés, des indépendants, des petites et moyennes entreprises mais que l’on veille aussi à ce que les gros consortium contribuent au prorata de leur chiffre d’affaire ou de manière équivalente et proportionnelle par tranche comme cela est le cas pour les autres contribuables.

 

Ce qui cloche dans le système et qui fait penser que la Justice ne fait pas son travail est en fait les « chipotages » entre amis qui se font en amont pour éviter qu’un acte tendancieux ou illégal ne soit porté sur la place publique ou à l’attention des autorités compétentes. Procédé qui ne peut être accompli que par des personnes ayant de l’influence ou beaucoup d’argent. Par conséquent, il s’agit plus d’un sentiment d’injustice que d’une condamnation du procédé. Nous pouvons le constater par le nombre de citoyens qui demandent des faveurs ou des facilités auprès des élus locaux pour un logement, un emploi, un placement, un conflit, etc… un procédé électoral très répandu au parti socialiste par ailleurs surtout chez nous, même s’il est coutumier de tous les partis. Personne ne considère cela comme un passe-droit ou un acte immoral qui désavantage les autres citoyens.

Il s’agit plus d’une mentalité, d’une éternelle lutte des classes alimentée par les partis extrêmes ou l’opposition composée des partis qui ont perdu les élections. Car comprenons-nous bien, il est évident que cette moralisation ne doit viser que les avantages financiers ou les « affaires » de népotisme! C’est ce qui s’appelle une merveilleuse hypocrisie citoyenne mais aussi son auto-claustration en exigeant des lois qui vont se retourner contre eux sans modifier leur condition. Si la régularité doit être de mise, il demeure toujours cette confusion entre abattre les libertés au lieu de se hisser vers les libertés ou simplement de garder celles qui nous restent.

D’autre part dans un pseudo soucis d’égalité vers lequel on finira par arriver un jour ou l’autre pour l’une ou l’autre raison politique ou d’intérêt de l’un ou l’autre acteur de la société, il faudra bien songer à appliquer cette loi du népotisme à l’ensemble des corps de métiers de la société et pas seulement au monde politique:

– les fils et filles de comédiens qui par hasard ont tous les gènes de la divine comédie mais qui de surcroît obtiennent plus facilement leur sésame dans cette jungle hostile du show business où l’on jongle avec des millions d’euros ou de dollars par film.

– il en va de même pour les rejetons des chanteurs et chanteuses

– les enfants de notaires qui reprennent l’étude de leur père ou mère

– les enfants d’artisans qui héritent du savoir-faire et d’une place dans la corporation de leurs ancêtres

– les enfants des boulangers, bouchers, épiciers, commerçants qui veulent travailler dans le commerce de leurs parents ou d’un membre de leur famille

– idem pour les enfants qui ont de la famille dans une entreprise ou une méga entreprise

 

Ah mais non, ce n’est pas la même chose! Et pourquoi? Sans doute parce que les « bons » citoyens se divisent eux-mêmes en catégories selon le montant du compte en banque et non pas selon le bien-être.

Ce qu’il faut garder en tête, c’est bien une équité dans les traitements et les applications de la loi. Il faut aussi un système social et économique qui permettent à tous de vivre dignement et épanouis dans l’activité de son choix. Tous milliardaires, ce ne sera jamais le cas et descendre tout le monde au seuil de pauvreté, encadré par des tonnes de lois restrictives n’est pas la solution non plus. Il restera toujours une minorité qui sera hors de ce champ de calvaires et qui rira bien de cette bêtise sociétale. Cela est bel et bien une mentalité populiste et extrémiste clamée par tous, même ceux qui se disent démocrates.

Puis, il y a ceux qui s’ emparent de cette mouvance de moralisation et qui peuvent être scindés en deux catégories.

 

Les premiers le font dans un esprit d’apaisement et avec de bonnes intentions sans se rendre compte toutefois de l’impact à moyen et long terme car il s’agit bien d’un thème philosophique et d’une nouvelle mentalité à développer pour la société de demain encore fort adolescente et braquée. Cette situation est normale puisque nous avons vu que la moralité, découlant de principes éthiques définis selon notre vision du bien et du mal, veut être par la société cantonnée à un seul domaine et régi par des lois ou des dispositions contraignantes. Or, la moralité ne peut être appliquée que si les individus qui la demandent à d’autres dans un domaine précis en sont eux-mêmes porteur et garant dans leur vie et leur travail. 

Est-ce le cas pour les citoyens, tous les acteurs de la société?

Nous avons enfin ceux qui vont en jouer. Ce sont les déviants de notre société. Ceux qui ne figurent pas parmi les meurtriers, les délinquants, ceux que l’on peut facilement cataloguer comme agissant hors des normes admises par les codes communs. Ces déviants ont tous les visages et se retrouvent dans tous les milieux. Le grand drame est bien que la majorité de ces derniers ne se considère absolument pas comme déviants. Ce sont ceux-là qui disent tout et son contraire, qui exigent que ce qui peut les avantager tout en parlant de paix et d’égalité, qui se disent tolérant en vous fracassant leur panneau sur la tête, qui veulent vous réduire à la plus grande pauvreté tout en jouant au Lotto, qui vous méprisent si vous avez une certaine éducation et érudition mais qui en même temps crachotent que l’école est pour tous et que l’enseignement est primordial….

Alors oui, chez ces déviants, il y a aussi des meneurs, des ambitieux, des intéressés, souvent des tordus en plus qui vont mener tout ce beau petit monde dans des paradoxes infernaux afin d’asseoir leur pouvoir ou satisfaire leurs désirs ou tout simplement prendre ce qu’il y a à prendre.

Partant de là, la moralité comme les lois ne sont que des obstacles à contourner ou des sujets nés de bonnes intentions que l’on va utiliser ou retourner contre ceux qui voudront les défendre ou les mettre en pratique.

Ainsi, par exemple, nous avons:

– des avocats qui ne défendent plus les droits de leurs clients mais qui jouent avec les lois, les vices de procédure, etc… afin de faire acquitter des coupables des individus dont la culpabilité est sans équivoque.

 

– les terroristes islamiques qui ont utilisé nos lois « anti-racisme » et d’autres afin de détourner l’attention pendant des années sur leurs véritables intentions ou encore en jouant sur le fil de la légalité afin d’éviter des poursuites ou des peines trop importantes.

 

– les bandes organisées qui recrutent des mineurs pour éviter les peines de prison pour des délits ou crimes identiques.

 

– des journalistes qui au nom de l’information ne respectent plus la vie privée des individus, leur chagrin lors d’évènements tragiques, qui exploitent un fait anodin pour en faire « une affaire », qui n’ont plus un sens critique mais destructeur, ….

– des médias qui ne surveillent plus leur langage, qui montent des bêtises en épingle, qui invitent des personnes malveillantes dans des débats, qui n’ont plus la maîtrise des sujets qu’ils traitent, des commentateurs qui sont dans l’incapacité de démentir ou de corriger des erreurs ou des mensonges laissant planer un doute voire créer une cabale contre un individu, une idée (Brexit fomenté par l’extrême droite, Traité de Maastricht, UE, …), ….

 

– nous dénonçons la condition de la femme, son statut dans la société, la différence de salaire à poste équivalent avec une homme mais en même temps les conjoints des chefs d’états doivent être des potiches serviables et malléables à souhait sans statut et sans rémunération et ne peuvent en-même temps pas mener une carrière dissociée de celle de leur partenaire! Les journalistes qui en papotent pour le plus grand bonheur des déviants ont pour certains un conjoint dans la même profession, cumulent plusieurs activités, ont de très bons salaires, ont des privilèges au niveau de la taxation… bien on s’arrête.

Alors oui, il faut un cadre pour naviguer et des lois pour sanctionner les transgressions. Ce cadre doit être d’application pour tous les acteurs de la société.

Il ne faut pas commencer à diviser ce qui est déjà fractionné. Nous avons tous les outils nécessaires. Ce qui manque fondamentalement c’est bien la volonté de mettre en pratique ce cadre partout et pour tous ainsi que les sanctions. Un organe de contrôle indépendant fera bien l’affaire. L’injustice réparée, l’apaisement viendra. Il n’y a rien de pire que le sentiment d’injustice.

On en parle depuis longtemps dans tous les pays de l’UE mais cela traîne d’où la monté des extrêmes menés par les déviants leaders. Il est grand temps de s’y atteler.

Quant à la moralité, la question est: peut-on contraindre un individu à être moral? 

 

Comme mentionné au tout début de cet article, nous sommes censés pouvoir faire la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal. Chacun dans notre vie et dans notre domaine d’activité, nous sommes donc dans la capacité de juger nos paroles et nos actions comme conformes ou non aux normes éthiques. A partir du moment où il y a transgression d’un code, s’agit-il d’une entorse à la loi ou à la moralité?

Lorsque nous voulons manger bio pour notre santé et accessoirement pour la planète et qu’en même temps nous laissons nos pays (donc nous) procéder au génocide de millions d’individus dans le monde pour du gaz, des minerais etc…. agissons-nous avec moralité? Doit-on édicter une loi pour nous obliger à ne pas massacrer des femmes, des enfants et des hommes qui n’ont rien fait que de vivre là où on veut creuser?

Tandis que nous laissons le mal, selon notre éthique, régir nos vies depuis la création et qu’à chaque fois que certains essayent de changer le cours nous les lapidons, faisons-nous preuve de moralité ou n’avons-nous aucun bon sens?

Moralité, bon sens, libre arbitre, âme sont les éléments principaux de l’individu. Il les possède ou il ne les possède pas. A défaut, on peut éduquer, inculquer mais surtout montrer l’exemple. Il faut bien cependant commencer quelque part, donc déterrer les vieux os n’est pas utile là où il y a de la bonne volonté. Il faudrait mieux dépenser son énergie à combattre le vrai mal malheureusement pour ce combat beaucoup de sièges sont vides.

Belle moralité!

Magy Craft

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