Les canards qui ont la rage

Les canards qui ont la rage

Continuons l’article « La mécanique des déviants » et la moralité de l’intégralité des individus qui forment la société. Votre Magy pense qu’il sera ainsi plus simple de remettre les pendules à l’heure car, comme à l’accoutumée, nous saisissons chaque opportunité pour glisser dans l’ineptie, le ridicule, la dangerosité et le chaos.

Afin de ne pas répéter tout ce qui a été écrit dans l’article précédent, pour ceux qui ne l’ont pas lu, il serait sans doute plus pertinent de le faire pour comprendre la logique de la suite.

On dira, en condensé, que les citoyens demandent une certaine moralité des politiques et que certains politiques veulent répondre à cette demande. Cette réponse déclenche la fameuse mécanique des déviants parmi lesquels figurent certains qui s’ignorent comme étant déviants. Il en résulte non seulement un contre-résultat mais aussi des contraintes supplémentaires plus que susceptibles de se retourner contre ceux qui exigent des autres ce qu’ils ne sont pas eux-mêmes, c’est-à-dire sans passé parfait. Le problème se situe dans la proportion et dans le temps mais surtout dans le but que l’on vise: l’amélioration ou la confusion.

L’article précédent posait la question de savoir si on pouvait contraindre une personne à être morale. Il relevait aussi le fait que nous pouvions sans lois faire la distinction entre ce qui est bien ou mal, ce qui est permis ou pas dans le cadre de notre vie, de notre profession. Qu’il s’agit plus d’équité que de moralité attendu que les individus, hors du monde politique, usent aussi de népotisme ou de demandes de faveur. L’idée générale est davantage que les sanctions soient les mêmes pour tous et qu’il n’y ait pas de passe-droit. Les cages n’ont jamais rendu les gens heureux, les révolutions en témoignent.

Venons-en maintenant au gendarme des crimes entre amis, les petits canards enragés. S’il est intéressant voire nécessaire que des investigations soient menées au niveau journalistique afin que soit mis en lumière ce que l’on voudrait garder dans l’ombre, on peut néanmoins s’étonner que des investigations soient menées à un moment bien précis et concernant une personne en passe d’obtenir du pouvoir ou une personne qui « touchée » mettrait en péril un parti ou un gouvernement auquel elle appartiendrait. Si son crime était si préjudiciable pour la société pourquoi ne pas avoir fait la révélation plutôt (sur base d’une délation immédiate quand on n’a pas le courage de s’exposer) ou plus intelligemment pourquoi ne pas mettre en cause un procédé, un système éclaboussant un ensemble d’individus dès lors qu’il existe ou qu’il est mis en place en listant tous les protagonistes? Sans doute parce que sous des couverts de petits anarchistes gauchistes ou d’anarchistes d’extrême droite ou autre, on ne sert finalement que ses propres intérêts surtout quand on veut donner une image de patte blanche en refusant tout financement extérieur par exemple et qu’il faut bien remplir la marmite. La moralité passe dès lors aussi au second plan et on préfère les feuilletons qui font vendre en distillant les révélations pour assurer son chiffre d’affaire annuel et nourrir les troupes. Nourrir les troupes n’a rien de condamnable si ceux-là mêmes qui condamnent ont au préalable fait leur examen de conscience mais aussi et surtout réfléchit aux conséquences de leurs actes.

Dans le cadre de ce que l’on nomme chez nous la transparence et en France la loi de la moralisation politique, tous les déviants conscients ou inconscients se sont réjouis du nouveau jouet qui leur a été offert. Il était prévisible que les missiles allaient voler bas et que les délations fondées ou non allaient prospérer comme les pâquerettes dans un gazon mal tondu. Dans l’absolu ce n’est pas dramatique mis à part l’image d’une certaine nature humaine. Ce qui est dramatique est bien ce que les autres acteurs de la société vont en faire.

Nous avons vu dans plusieurs articles comment les déviants utilisent les lois et les bonnes intentions à leur avantage exclusif parvenant même à en faire un explosif pour les autres.

La ligne de démarcation est toujours très subtile et les méthodes de parler en continu, d’alléguer sans gêne, de couper, de mentir apprises dans de super séminaires sont les armes de tous les déviants totalitaristes et idéologues sectaires.

Ainsi donc sur base de délations d’inconnus purs comme des anges, des canards enragés vont publier, après enquête, des révélations par épisodes sur une personnalité qui gêne quelqu’un à un moment donné. Nous ne nous imaginons pas que subitement, après des années de doutes et de réflexions, un être qui n’ose s’afficher contacte un journal bien précis pour soulager sa conscience et mettre de l’ordre dans la société. Nous n’imaginons pas non plus qu’un beau matin un journaliste se soit levé en se disant tiens je vais enquêter sur X et voir ce qu’il a fait il y a quelques années et s’il mérite d’être là où il est en ce moment.

Au niveau moral, les enragés doivent-ils sauter sur ce pain béni pour remplir le frigo sous prétexte du droit à l’information ou doivent-ils d’abord considérer qui est la source, pourquoi et à quel moment cette dernière les contacte, quel peut être son motif, de quelle manière appropriée diffuser l’information et quel impact cela aura pas seulement demain mais après-demain? On devine déjà que la réponse sera que leur rôle n’est pas de juger mais d’informer. D’abord, cela est faux car tous les jours, il y a sélection des informations dont on parlera ou pas, donc jugement dans les critères; ensuite le bon sens et la moralité doivent avoir leur place surtout quand on diffuse des informations qui visent à juger un individu sur sa moralité. On ne va pas sortir de l’auberge facilement.

Et puis, il faut bien commencer un jour, il faut bien commencer quelque part. Mais cela n’est pas suffisant. Il n’y a pas de distinction dans la gravité des faits, dans le temps, dans la bonne volonté actuelle. Il n’y a pas de pardon. Nous avons seulement des milliards pour rééduquer des criminels endurcis, des terroristes car nous croyons à la rédemption mais en ce qui concerne tout ce qui est relatif à l’argent, il n’y a aucun salut. Même les peines sont plus lourdes et plus rapides pour les fraudes que pour les assassinats ou autres atteintes physiques à la personne. La bête qui veut la tête dans le panier est toujours vivante.

Mais quel est le passé de ceux qui jugent, dénoncent, refusent tout compromis, condamnent? Beaucoup sont dans l’un ou l’autre cas des personnes qu’ils fustigent, père ou mère avait de drôles d’accointances et ont échappé à de lourdes sanctions grâce à des personnalités politiques….faut-il y revenir aussi?

Et la presse et les médias? Tous ces commentateurs? Une belle famille qui regroupe certains journalistes qui passent d’un canard à l’autre et qui se retrouvent entre amis, des chaînes qui fusionnent avec une même politique et une même tendance d’où les mêmes discours et surtout une vision affichée qui est celle du buzz donc de monter un fait divers en épingle et d’en parler sans fin sans se soucier des conséquences donc sans aucune morale mais on débattra de moralité. Des journaux, des magazines, des quotidiens qui se retrouvent dans un même cartel. Est-ce encore de l’indépendance? Où est la moralité que l’on martèle alors que l’on centralise et bâillonne de plus en plus la presse dans nos démocraties? Ce ne sont pas ceux qui font la distinction entre professionnels et décadents qui sont les ennemis du 4° pouvoir mais ceux qui l’utilisent et le manipulent en lui laissant croire qu’il mène le jeu.

Les journalistes devraient, comme les syndicats, faire attention. Il est important qu’ils défendent leur respectabilité, leur sens du devoir et leur bon sens. A trop faire ou à ne pas mettre de l’ordre dans sa propre écurie est tout aussi préjudiciable.

On entend trop souvent du déni quand ils sont interpellés dans un manque d’équité dans le traitement de l’information concernant les partis politiques. Pourtant c’est bien le cas et partout. Si en effet, on mentionne « les affaires » des partis extrêmes, il n’y a jamais de débats étalés sur des semaines basés sur une délation que l’on va monter en chantilly jusqu’au dénouement sans se soucier de qui, quand et pourquoi. Dans les faits cela revient à laisser prospérer ce groupuscule dans chaque pays quitte à le laisser être le seul parti d’opposition important pouvant bloquer toute une politique ou encore à entrer en coalition dans un gouvernement. Dans un pays du nord que l’on nomme si souvent comme exemple magique, une loi a été votée de façon à éviter qu’il ne puisse bloquer le budget pendant la durée du mandat du gouvernement en place!

Il semble donc préférable de meurtrir nos alliés (même s’il faut les rappeler à l’ordre) que de parer face à nos ennemis de la liberté et de la démocratie qui en tirent parti et liesse et balayeront d’un revers de la main tout commentaire ou demande de justice sans que cela ne choque la moralité de qui que ce soit. Au contraire, les déviants se permettront, selon les cas, avec une grande moralité de remettre en cause l’intégrité de la Justice.

Les individus de notre société ont un devoir moral d’éviter de faire aux autres ce qu’ils n’aimeraient pas qu’on leur fasse. La moralité exige que l’on soit d’abord garant de notre propre respectabilité et que celle-ci va au-delà du cadre financier. Nous devons surtout veiller à éviter de nous laisser prendre au jeu des demandes égoïstes sans vue sur l’impact de l’ensemble de la société et qui au final séquestre les libertés individuelles. Qu’avons-nous à courir derrière ce qui nous détruit et à rejeter ce que nous avons appelé de tous nos voeux? Nous pardonnons toujours au laid et crucifions inévitablement l’espoir car nous avons peur de l’inconnu. Nous préférons pourrir dans nos geôles plutôt que de prendre la clef pour sortir car la geôle on la connait, le parfum de l’extérieur, lui, est un mystère. Ne laissons plus les déviants conscients ou inconscients nous voler nos vies.

Magy Craft

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