Le paroxysme de la méchanceté

Commençons par un extrait issu de « Éloge d’une société sous névroses » :

« Les gens méchants ne sont pas en général des criminels au sens commun du terme. Ce sont des gens ordinaires, parfois connus et appréciés. Ils commettent des crimes contre la vitalité d’un ou plusieurs êtres qui sont dans leur entourage ou sur qui ils ont un ascendant. Le crime est voilé, subtil et répétitif. Ces gens ne rentrent pas dans la catégorie des criminels que l’on juge ou que l’on psychanalyse.

Il faut bien faire la différence entre un acte mauvais et une personne mauvaise sinon nous serions tous parfaits et cela est loin d’être le cas.

  Le mal se développe quand on refuse l’autocritique, de porter un jugement sur soi-même.

Les gens mauvais ont une caractéristique particulière et commune, ils recherchent toujours un bouc-émissaire. Ils sacrifient les autres pour garder une image propre d’eux-mêmes, une image sans tache. C’est ce qu’on appelle une projection. Ils blâment le monde entier pour leur conflit intérieur, pour ce sentiment de faute au fond d’eux-mêmes. Ils nient leur propre méchanceté et se doivent de voir les autres comme tels. Ils voient beaucoup de mal chez les autres mais ne sentent jamais méchants ou mauvais.

 Contrairement aux psychopathes ou aux sociopathes, les gens mauvais ont une conscience. Ils ne veulent ni se déplaire ni déplaire aux autres. Ils sont sensibles aux conventions sociales. Paraître et paraître bon est crucial. C’est un mensonge qui les trompe plus eux-mêmes que les autres.

Si on ment, c’est que l’on fait bien la distinction entre ce qui est bien et ce qui est mal. Ils sont bien dans la dissimulation de ce que les autres savent illicite. Paradoxe ! Ils se croient parfaits et ils ont une quelconque idée de leur vraie nature ; ils essayent de fuir. C’est l’abrogation des responsabilités. Le mal vient de l’effort fait pour éviter la culpabilité. (…)

 (…)  La méchanceté dissimule ses motifs, et les individus, qui la cultivent, profitent des avantages de la distorsion des évènements. La société est déjà embourbée dans la complexité des mobiles et des compulsions individuelles qui entraîne son dysfonctionnement, elle en plus soumise aux paradoxes citoyens qui choisissent un chef qui représente ce qu’ils haïssent, dont ils vont saper la politique de manière à se retrouver sous l’emprise de meneurs despotiques qui représentent une des plus grandes compulsions de la société : la peur du mal. »

Si votre Magy a choisi ces extraits c’est bien parce qu’elle reste tétanisée devant le spectacle affligeant que lui offre ses contemporains en cette période si sérieuse et périlleuse pour cette société soumise à une effroyable entropie cultivée par un trio infernal composé des citoyens, des organes d’influence et des politiques. A noter que les deux derniers font inévitablement partie des premiers mais qu’il y a comme une absence de cette réalité de part et d’autre. Comment pourrions-nous expliquer autrement les décisions prises par certains ainsi que leurs actions alors qu’ils jettent aux oubliettes, dès qu’ils endossent le costume de leur fonction, le fait qu’ils sont père, mère et enfant de quelqu’un à qui ils devraient songer à tout le moins même s’ils n’ont aucune considération pour les autres mortels, à moins qu’ils soient seuls au monde.

Peut-on encore s’offrir le luxe ou perpétrer la traditionnelle erreur de faire la différence entre ceux qui imposent, quels que soient leur motif ou psychose, une société de laquelle on a retiré (sera graduellement retiré) tout ce pour quoi nous avons combattu et luttons encore jour après jour et ceux qui ne s’y seront pas opposés quels que soient leur motif ou psychose.

« On constate dans l’incohérence et le mal qu’il suffit d’une seule personne pour en emmener des centaines de milliers ou des millions. Il est donc possible que quelques individus responsables ayant du courage puissent entraîner les individus dans un système correspondant aux valeurs que nous avons définies comme morales et bonnes, effaçant par là même le rôle de substitution qu’il a finalement été donné à la société c’est-à-dire celui de sac des désinhibitions. » (Éloge d’une société sous névroses).

Il est de ces moments particuliers dans l’histoire de nos sociétés où nous devons prendre nos responsabilités et cesser de nous cacher derrière des excuses, des clichés, des intérêts personnels, le déni et des attitudes nuisibles. Il est un temps où les paradoxes et la schizophrénie des acteurs de la société ne sont plus innocents et les inepties ainsi que la gloire des buzz ou des audiences ou encore des voix pour une tribu élective ne sont plus un jeu anodin. Il est des instants précis où les mots ont un sens et une portée déterminante, des instants où chaque acte manqué a des conséquences irrécupérables.

C’est à ce point précis que la méchanceté est vraiment palpable et que le bon samaritain, si cher à Magy depuis ses débuts, va montrer son vrai visage même si on le connaît déjà et que lui s’ignore ou occulte volontairement ce qui le met mal à l’aise ou le culpabiliserait sous une montagne de « bonnes causes » qui ne sont que les conséquences de choix de départ qu’il faut réparer par la suite que ce soit dans son pays ou ailleurs dans le monde. C’est le moment pour lui de se regarder en face, de s’analyser et de mettre de l’ordre dans ses idées. Il doit surtout penser à demain et à après-demain. Ce qu’il espère aujourd’hui comme chimère en vaut-il la chandelle et surtout a-t-il le droit d’entraîner des millions d’individus dans sa folie égoïste. D’autre part, il est du devoir de ceux qui peuvent et veulent s’extraire de cette mécanique infernale et immuable de ne pas se soumettre à ceux qui utilisent nos lois, nos codes, notre bonne foi pour les retourner contre nous et nous enlever le droit d’exister. La lâcheté, le déni, le « je m’enfoutisme », la soumission, le sabotage verbal sous forme de leitmotiv sont autant d’actes de collaboration à la destruction de notre système de valeurs et d’éthique, même et surtout si on tente de camoufler cette collaboration sous couvert d’obligation démocratique. Si notre système échoue c’est en grande partie à cause d’un sentiment d’injustice. Le basculement vers la dictature et la régression sera aussi dû à une injustice puisque sera validé le chaos en dépit du bon sens.

Peu importe la manière dont le basculement se fait, la tolérance est totale. Comment faire comprendre aux citoyens et aux plus jeunes que la liberté est possible dans la paix et le respect quand seuls les menteurs, les despotes, ceux qui renient les droits des femmes, qui font la chasse aux homosexuels et aux juifs, aux tsiganes et tous ceux qui leur déplairont un jour ou l’autre ont le pouvoir et le droit d’enfreindre les règles pour régner.

Comment pouvons-nous tolérer de voir et d’entendre des journalistes/commentateurs, jour après jour, supplicier et exécuter le dirigeant de leur pays non pas sur sa politique mais sa quintessence. Jouer avec la stabilité du pays et saliver à l’avance de l’agonie de la bête. Cet élu devenu bête sur laquelle se jettera une partie d’un peuple pratiquant le psittacisme. Il est révoltant, aujourd’hui, d’ouïr des spécimens  minimiser, ridiculiser voire dévaloriser toute tentative qui pourrait apaiser un pays et l’Europe mais en revanche valider la dictature ou les actes délétères d’un chef d’un autre État sous prétexte qu’il s’agit de l’application d’un mandat alors qu’ils sabotent le mandat du gouvernement dans leur propre pays. A noter que ce scénario se déroule dans les pays où on peut encore s’exprimer et exprimer plus que son avis par rapport au gouvernement. Ces clowns l’oublient mais la réalité risque de les rattraper. Ils devraient songer à leurs confrères qui honorent la profession et surtout à ceux qui mettent leur vie en jeu pour sauver ce que l’on détruit ici. Il faut aussi déplorer le lamentable silence de la presse dans des pays de l’Union. Les informations circulent (pas toutes) mais elles passent comme sont passés les nuages de Tchernobyl, sans faire de dégât au départ, il doit bien exister encore quelques hurluberlus qui s’en souviennent comme votre Magy. C’est comme si cela ne devait pas concerner les citoyens et qu’ils vivaient sur une autre planète.

Comment autoriser que les membres des partis politiques de chaque pays ne songent pas un seul instant à modifier leur comportement, comme s’ils n’allaient pas subir, eux aussi avec leur famille, les conséquences de leur imbécilité.

A quel moment, au niveau politique national et européen, des voix vont s’élever et une union forte se faire pour bloquer la marée montante. On ne peut plus entendre que ce qui se déroule sous nos yeux est bénin, sera endigué et ne nous concerne pas. Nous serons tous adhérents ou collaborateurs si nous ne soutenons pas notre pays et ses valeurs et maintenons une unité en Europe.

Faut-il être méchant pour souhaiter que ses proches et ses contemporains revivent des moments noirs et que tout régresse. Aujourd’hui matraqué par le mot colère (avalisé quotidiennement pour tous les actes répréhensibles ou pas) et sous le soleil avec son I-phone, pour les irréfléchis, la noirceur parait illusoire et impossible. On a déjà dit cela, vous ne vous en rappelez pas ou vous n’avez pas étudié vos leçons. Magy vous assure, néanmoins, qu’il est des expériences qu’il n’est pas nécessaire de faire dans la vie. Croyez-la. Il n’est pas nécessaire non plus de ne rester qu’avec ses yeux pour pleurer.

« Les individus ne progressent pas aussi vite que les technologies qu’ils développent. L’intelligence et les découvertes ne sont pas synonymes d’éloignement de la pensée primaire de l’humain qui est celle de la survie, du ralliement à un clan pour la sécurité et de la guerre pour des territoires. Quand l’individu n’est pas en guerre contre un autre pays, il fera la guerre contre ses compatriotes pour divers motifs mais ne cherchera pas à aplanir les conflits ni à créer un espace viable pour tous.

On se cache derrière les grands maux du monde, les plus spectaculaires car cela permet de mettre une distance entre l’évènement et soi. Il faut faire place au déni et à la déculpabilisation. Cependant ces maux sont le reflet de nos actes individuels qui se dévoilent au travers des enfants battus, des femmes maltraitées, du harcèlement à l’école et au travail par des gens « normaux » que l’on retrouve dans l’un ou l’autre groupe de la société, qui agiront de la même façon faisant prévaloir leurs droits et leurs intérêts exclusifs. Ces mêmes individus qui autorisent la prolifération de produits toxiques dans l’air, l’eau et leur nourriture et donc la maltraitance de leur progéniture. Ceux-là qui au nom de leur confort permettent la destruction de la faune, de la flore et d’autres humains pour maintenir en place des systèmes économiques et énergétiques insensés.

Dans le même temps, l’individu reproduit son quotidien dans ses divertissements en réalisant et en regardant des films, des émissions où règnent la violence, les meurtres, les délits et crimes les plus abominables.

Il y a ce malin plaisir à augmenter le désordre, à valoriser l’insubordination et l’irrespect, à faire des criminels des vedettes ou des sujets auxquels on s’identifie car ils finissent par être les « bons » de l’histoire. Des séries qui décrivent des scénarios de fin du monde. Même quand l’individu imagine son futur ou sa rencontre avec des êtres venus d’ailleurs, il ne peut concevoir autre chose que le chaos, la guerre, des luttes tribales, la fin de tout.

 Dans ces conditions, dans cette perspective, il semble peu probable que la société puisse s’élever et gommer les iniquités. Le rêve de beaucoup n’est qu’un leurre parce qu’eux-mêmes ne sont que des mensonges faits à eux-mêmes. Pour évoluer et obtenir la société que l’on semble souhaiter, il faut d’abord redéfinir la place de l’humain dans la société, définir clairement les objectifs de la société et les conditions de la vie en commun des individus.

« L’humain aime la lutte et la souffrance et ceux qui n’en veulent pas sont ou minoritaires ou incapables de prendre le dessus. Nous avons le choix, nous avons notre libre arbitre. Avons-nous encore le temps ? Avons-nous seulement l’envie ? » (Éloge d’une société sous névroses  – Thebookedition.com)

Magy Craft

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