Femmes – Pologne – Union européenne

Chers Craftiens, chers citoyens européens,

Votre Magy voudrait, tout d’abord, saluer et remercier toutes les personnes qui ont réagi positivement aux articles de Magy concernant la situation de la femme en ce monde et la manière d’appréhender son destin.

Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’un grand pourcentage est issu de Pologne. Il n’est en effet guère déconcertant que nos amis polonais se sentent particulièrement concernés car ils vivent en ce moment ce que beaucoup dans nos pays de l’Union européenne pensent ou imaginent inconcevable ou ne pensent pas tout simplement.

La Pologne est un triste exemple de ce que votre Magy préconise dans chacun de ses écrits: ne jamais parcelliser les faits, ne jamais fragmenter les idées.

Ce qui fait l’actualité, en cet instant, est la confrontation France-Pologne concernant les travailleurs détachés. Ce qui est pitoyable est qu’une des clefs fondamentales de la politique sociale et anti-concurrentielle entre pays amis-membres d’une même famille soit réduite à un simple spectacle auquel assiste les citoyens de l’Union et les autres pays membres. On attend de voir qui va gagner le match au lieu de se poser la question de savoir sur quoi portent les grèves perpétuelles et les réclamations dans chaque pays de l’Union et ce qu’il serait opportun de faire pour fortifier l’unité et la stabilité de l’UE face aux autres blocs économiques.

Ce qui devrait être pris en compte et au sérieux est le changement du climat politique au sein de l’Union de européenne. Il faut donc se pencher sur le gouvernement qui est en place en Pologne et regarder de près qui est le Premier ministre Madame Beata Szydlo. Cette dernière fait bel et bien partie du parti PiS (Droit et Justice, un parti conservateur).

Pour comprendre la position du gouvernement actuel polonais, qui détient la majorité absolue en sièges au Parlement (la 1° fois pour un parti depuis la chute du communisme), il faut savoir que ce parti, le PiS, comme tous les partis nationalistes et extrémistes, est anti euthanasie, anti avortement, anti inscription dans la loi des unions homosexuelles, anti légalisation des drogues douces.

Ils sont par contre pour le rétablissement de la peine de mort.

Le PiS n’est pas ouvertement anti Union européenne mais il s’est opposé à l’adoption de la Constitution européenne en s’accrochant au Traité de Nice qui était favorable à la Pologne.

On peut donc constater plusieurs choses dans la position et l’attitude de Beata Szydlo. Que comme parti nationaliste au pouvoir, il est obligé et ravi d’appliquer ses promesses électorales. Le Pis n’a donc aucun intérêt à être un partenaire digne de l’Union européenne, de respecter ses valeurs, ses engagements et de travailler à sa fortification. La Pologne, sous la régence du PiS, va donc continuer à profiter des avantages que lui procure sa position d’état membre sans rien offrir en échange. Le problème des travailleurs détachés en est un parfait exemple. Beata Szydlo crie au protectionnisme alors que c’est elle qui pour favoriser sa politique économique n’hésite pas à sacrifier les autres citoyens européens.

Le PiS, comme les extrémistes  – nationalistes en général, promettent la lune mais cela a un prix que les citoyens payent par la suite. Frénésie du début, l’âge de la pension est revu à la baisse et 300.000 personnes en profite dès octobre 2017. La Pologne connait une plus forte croissance par rapport à l’ensemble de l’UE mais cela est du à sa réforme des allocations familiales. En effet, des mesures natalistes prennent forme et une augmentation des allocations voit le jour compensée par une taxe spéciale prélevée sur les entreprises.

Sur les entreprises? Tiens, tiens…. il vaut mieux donc que certaines obligations ne soient pas remplies et que l’on piétinent les pays amis surtout si on veut garder un taux de chômage à la baisse et des électeurs contents de gagner plus à l’étranger. De manière insidieuse, on crée un sentiment anti-européen sans informer que c’est grâce à l’Union européenne que ces travailleurs ont cet actuel train de vie!

Le revers de la médaille, le prix à payer et que les citoyens des autres pays membres s’en souviennent, est bien que ces partis doivent pour rester en place opter pour un système de dictature. Ainsi, en Pologne, il y a déjà eu des réformes controversées telle celle sur la nomination des juges pour laquelle la Commission européenne a lancée une enquête pour atteinte à l’Etat de droit.

Dans ces régimes ce sont les plus faibles qui les mettent au pouvoir en espérant mieux et ce sont les plus faibles qui souffriront les premiers et surtout les femmes.

Le statut de la femme et ses droits sont remis en cause en Pologne et c’est un des signes les plus préoccupants qui signale le démantèlement d’une démocratie. D’autres pays nous en ont montré l’exemple dans le monde il n’y a pas si longtemps. La femme est parfois son pire ennemi aussi.

On peut regretter l’absence de soutient des femmes de l’Union européenne aux femmes polonaises en 2016 et encore maintenant ainsi que de l’ensemble des états membres.

Votre Magy pense que l’Union européenne doit cesser d’avoir peur et de parler d’Union à deux vitesses. On en fait partie ou pas. On adhère ou pas. Que les citoyens choisissent et assument et ne regrettent pas comme les Anglais. Les valeurs doivent être respectées. Le nationalisme, l’extrême droite, le communisme et autre dérivé ne font pas partie de nos valeurs. Tout ce qui rabaisse ou dévalorise un être humain, homme ou femme, ne fait pas partie de nos valeurs. Tout ce qui n’est pas constructif ne fait pas partie de nos valeurs. Nous n’avons pas voté et oeuvré pour louvoyer avec des profiteurs, des éternels mécontents et des saboteurs.

Votre Magy joint en annexe l’article qu’elle a rédigé en janvier 2016:  »

« Froid sur l’Europe – démocratie en danger »

Magy Craft

Froid sur l’Europe – démocratie en danger

Si l’hiver a du mal à s’installer cette année dans nos contrées, il n’en va pas de même pour les extrémistes en tous genres, pour la violence, pour la pauvreté, pour un retour en arrière vers nos pires cauchemars.

Pourquoi restons-nous spectateurs, commentateurs d’événements qui ont eu lieu mais que nous aurions pu prévenir ou tout au moins amoindrir les effets dévastateurs, si pour changer nous devenions acteurs de la société dans laquelle nous souhaitons vivre et si nous envisagions enfin la possibilité d’être pro-actifs au lieu d’arriver comme la cavalerie dans les bons vieux westerns. Parce qu’il ne s’agit pas ici d’un film, d’une émission ou d’un reportage qu’on peut oublier en éteignant le poste de télévision ou l’ordinateur. Ils s’agit de faits réels annonciateurs de notre futur proche.

Nous sommes à nouveau les poupées meurtries de personnes qui nous veulent du bien. On nous oriente sur un sujet durant un temps déterminé afin de nous faire oublier le sujet précédent. Les évènements ne sont jamais reliés entre eux. On joue sur nos craintes, nos jalousies, nos espoirs, nos manquements, notre culpabilité.

Pendant que les pays de l’Union européenne se débattent avec les Islamistes radicaux qui font de nos pays des terrains minés, se perdent dans la politique d’immigration, que les pays de cette union continuent à favoriser une politique nationale tant économique que sécuritaire, un autre drame se joue. Un drame dont les prémices se sont fait sentir il y a plus de quinze ans déjà mais que nous commentons et oublions comme toujours. Tout comme pour le développement du radicalisme islamique et des groupes terroristes dans nos pays, nous nous voilons la face concernant le développement du fascisme dans les pays de l’Union européenne. Faut-il toujours attendre que l’impensable advienne pour réagir? Dès lors qu’il est pratiquement trop tard et qu’il faille combattre avec armes, sang et larmes?

Si le gouvernement français ose encore être surpris par le nombre de voix récolté par le FN malgré les avertissements citoyens reçus dans le passé, on ne doit guère s’étonner que leurs politiciens et journalistes ne se soucient que des élections présidentielles de 2017 faisant fi des réalités sociales supposées être entendues et comprises. Il doit s’agir soit d’un profond « je m’en foutisme », d’un déni par égocentrisme ou d’une totale incapacité à prévoir l’avenir d’un pays à gouverner.
Il en est ainsi dans tous les pays de l’Union européenne et principalement depuis la dernière crise économique qui n’en finit pas et pour laquelle personne ne trouve de solution.

Un des grands problèmes est l’incapacité des Etats membres de l’Union européenne à remplir leur rôle dans l’esprit d’une union profitable à tous les citoyens européens. Les Etats se sont constamment opposés tant économiquement que politiquement. Il en résulte une faiblesse gravissime au niveau de la sécurité, du travail, du bien-être. Il n’y a que récemment qu’on entend les journalistes dirent (et encore) que « Bruxelles », la Commission européenne ou quand ils parlent de l’Union européenne est en fait l’ensemble des 28 pays qui la compose. Les chefs de gouvernement qui se cachent derrière « Bruxelles » pour des décisions difficiles détruisent les Institutions européennes alors qu’ils en sont membres et décisionnaires.
L’Union européenne devrait avoir son armée, ne devrait pas se faire la concurrence économiquement, devrait échanger les informations policières et judiciaires. Faire partie de l’Union européenne ce n’est pas perdre son identité, c’est étendre ses droits sur un plus grand territoire et c’est se protéger face aux autres grands blocs. Il manque une mentalité européenne négligée par les différents gouvernements, ce qui a permis aux groupes extrémistes, en temps de crise et de doutes, de jouer avec la peur, les identités nationales et la haine de l’autre.

Cela a déjà commencé en Autriche en 2000 quand le gouvernement a ouvert ses portes à l’extrême-droite. Ses partenaires européens ont voté « des sanctions inédites ». Disons que l’Autriche a été réprimandée. Des sanctions sont efficaces à partir du moment ou la partie sanctionnée sait qu’il n’y aura aucune levée de ces dernières. L’Autriche savait que ce ne serait pas le cas. A nouveau, la politique du « chicanement » face au danger a été à l’oeuvre et c’est ainsi qu’en 2015 le FPO (extrême droite fondée par d’anciens nazis) gouverne grâce à la gauche le Land oriental du Burgenland qui longe la Hongrie. Il n’y a pas de honte à sévir quand on est face à des illuminés sans foi ni loi. On ne perd pas ses valeurs démocratiques quand on doit les sauver et se battre contre ceux qui les détruiront. Voilà la grande faiblesse de l’Occident face au fascisme et aux islamistes radicaux. La leçon de la deuxième guerre mondiale et de la guerre actuelle avec Daesh n’est pas apprise.

La Hongrie qui a connu l’autoritarisme entre les deux guerres et sous le régime socialisme dit réel, qui a vécu la révolution de 1956 (bien avant le Printemps de Prague), cette Hongrie entrée dans l’Union européenne et toujours en avance sur les autres pays de l’Europe de l’est est à nouveau sous la coupe d’un régime autoritaire, celui de Viktor Orban. Son régime s’appelle le Système de la Coopération Nationale. Sous ce régime:
– l’économie des familles accumulée dans les caisses d’assurances de retraite privées a été confisquée
– il a lancé une « guerre de libération » contre l’Union européenne en tant que Président actif de l’UE
– il a supprimé l’impôt progressif et introduit un taux d’impôt unique de 16% (les membres du gouvernement et de l’administration y ont bien gagné alors que la population souffre de plus de 21 sortes d’impôts nouveaux depuis 2010)
– la majorité des 2/3 a voté la limite de la liberté de la presse et des médias
– il a détruit le système des balances démocratiques
– il contrôle la Cour constitutionnelle, du Conseil des médias
– l’Union européenne veille sur l’indépendance de la Banque Centrale du gouvernement mais Orban veut nommer le président de la Banque Nationale lui-même
– le droit de grève devient quasi nul dans le code du travail réécrit
– le système des débats publics des projets de loi a été supprimé
– le gouvernement attaque le droit des femmes
– le gouvernement limite la liberté des enseignants et des étudiants à chaque niveau
– crime grave, il laisse l’extrême-droite néo-nazi s’organiser
– on retrouve l’application de l’idéologie du racisme et de l’antisémitisme dans l’administration

La gauche rejetée par la population qui lui reprochait sa corruption a du mal à s’organiser. La population qui espérait un mieux se retrouve en enfer.
Les citoyens s’organisent en mouvements et en réseaux auxquels la gauche essaye de se rattacher car malheureusement les mouvements civils ne peuvent contrebalancer un mouvement politique. Au fait, au nom de quoi? La Hongrie sera-t-elle abandonnée comme en 1956?
Quand un pays, une démocratie, une union est en danger ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir? Cela se ferait sans aucun doute avec moins de violence, de dégâts, de morts.

Autriche, Hongrie est-ce terminé? Non. Voyons ce qui se passe en Pologne.

Nous avons deux Pologne. Des signes avant 2015 et en 2015 des faits sous forme de manifestations dans les rues de Varsovie.
D’un côté ceux qui ont combattu le régime communiste et accepté le compromis de 1989 au nom de l’unité nationale. Ceux-là craignent le non respect de la constitution, un retour à un régime totalitaire et sont pro Union européenne.
De l’autre côté, ceux qui suivent le PIS (parti nationaliste et conservateur Droit et Justice qui avec 37,5% des voix gouverne seul après huit ans dans l’opposition) et sa stratégie populiste qui vise les « élites enrichies et diplômées ».
Les citoyens qui suivent les discours populistes et séparatistes n’ont jamais conscience dans un premier temps qu’ils sacrifient leurs libertés à leur haine, leur jalousie, leurs frustrations, leur peur.

Après Solidarnosc, la fin du communisme, l’intégration européenne, quel projet offrir? Le PIS s’empare de l’accident de 2010 (accident d’avion controversé qui a couté la vie du Président polonais Lech Kaczynski et de 96 autres personnes, qui a soulevé la thèse de l’attentat et créé des tensions entre la Pologne et la Russie), privilégie un programme politique de règlement de compte avec le passé. Il vote un changement de constitution (tiens encore un!), punit les « collaborateurs » du communisme, contrôle les médias (tiens tiens) par l’imposition d’une morale nationale.
Le fascisme (ou un dérivé) est la prochaine étape.

Ces trois pays sont des exemples concrets que les régimes totalitaires sont bien existants au sein de l’Union européenne. Tous trois démontrent que les mécanismes de mise en place sont identiques et vieux comme le monde. Les signes avant-coureur et les réactions sont les mêmes dans les autres pays de l’Union européenne tant au niveau citoyen qu’au niveau politique.

Alors pourquoi:

– Sachant ce qui se passe concrètement dans ces pays de l’UE, les autres membres de l’UE ne réagissent pas plus vigoureusement pour défendre la démocratie, nos libertés, nos valeurs. On se souvient du « cas » de l’Autriche et nous constatons que les remontrances et la passivité pacifique n’ont pas fonctionné. Il serait temps de prendre le taureau par les cornes au lieu de se cacher derrière de « l’ingérence ». Si l’Union européenne est bien une entité alors il n’y a pas d’ingérence et l’Union européenne donc ses 28 Etats doivent garantir aux citoyens européens sécurité, liberté, travail, égalité, libre circulation, mêmes droits.

– Partout nous assistons à la révolte des masses conduites par une gauche, une extrême-gauche ou des partis totalitaires en contradiction totale avec une demande citoyenne de bien-être et de protection.

Pourquoi les dirigeants actuels ne sont-ils pas aptes à répondre à cette demande? Pourquoi persistent-ils à faire tout le contraire de ce qu’on attend d’eux? Pourquoi laissent-ils l’impensable devenir réalité? Pourquoi réagissent-ils au lieu de prévenir? Pourquoi se focalisent-ils encore sur leur petit parti et perdent-ils de vue leur pays, l’Union européenne et le reste du monde?

Il faut compter sur l’intelligence des citoyens et espérer qu’eux se souviennent des cours d’Histoire et qu’ils cessent de se tourner vers les partis d’extrême-droite qui une fois au pouvoir prendront les mêmes mesures qu’en Hongrie et en Pologne.  Il faut compter sur un réveil politique immédiat qui rassurera les citoyens européens et coupera l’herbe sous les pieds des fascistes qui se cachent encore sous ce que les journalistes appellent « un rachat d’image ». Ce n’est qu’une image. Les gouvernements ont aussi le rôle de berger et c’est à eux non seulement d’informer mais d’agir en appliquant les mesures nécessaires. Ce que les citoyens demandent maintenant c’est d’être rassurés quant au respect de leur identité et valeurs occidentales (plus de discours ambigus), plus de concurrence déloyale au sein de l’UE surtout au niveau du travail, qu’ils sentent que si on aide la terre entière, ils ne sont pas oubliés sur leur propre sol. C’est simple, c’est normal. Pourquoi faut-il même le souligner?

Il fait très froid dans l’Union européenne cette année.

Magy Craft

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