Les pancratiastes.

Les voilà bien imbus de leur personne ces pancratiastes !

C’est en cela qu’ils surpassent les pugilistes et les critiqueurs.

Ils ont le verbe haut, ils savent tout, ils tiennent le crachoir au mépris de l’espace temps qu’ils devraient accorder aux autres. Ces autres qu’ils prétendent défendre en répandant leur acide sur l’une ou l’autre de leur victime. Ils empoisonnent l’air de leur sourire narquois et de leurs plaisanteries qu’ils croient fines mais il s’agit, tout au plus, d’une lourdeur corrosive et leur langue n’est qu’un couteau de cuisine qui ne rivalise guère avec la lame étincelante des belles envolées verbales.

Les pancratiastes partagent les mêmes travers que les dénigreurs. Ils sont absolument convaincus de voir dans les autres ce qui, en fait, vit en eux car ils sont méchants, dépréciateurs, condescendants, arrogants, injustes, critiques (toujours en négatif), sarcastiques, irrespectueux et chicaniers. A bien y regarder ce sont les adjectifs qu’ils utilisent pour pulvériser tous ceux qui passent à leur portée et qui auraient le malheur de ne pas les servir ou de ne pas leur plaire.

Il est navrant, catastrophique et malsain de trouver de plus en plus de pancratiastes dans une certaine caste de commentateurs invités sur les plateaux de télévision ou interviewés pour tel ou tel journal/magazine. Serait-ce, en réalité, parce qu’on tolère un tel niveau de produits toxiques dans notre quotidien que la société n’est plus à même de placer ses garde-fous ? La mode étant de mélanger liberté d’expression, débats d’idées, analyse des évènements, alertes éventuelles, informations justes et sous-pesées avec rixes stériles, diffusion d’informations mal interprétées ou incomplètes et non corrigées, propagation de quolibets et on en passe des vertes et des pas mures.

On retrouve dans cette caste des journalistes, des conseillers en communication, des politiques et une variété d’autres représentants d’organisations diverses ou X ou Y qui sous prétexte d’avoir un faciès connu sur écran ou papier glacé est censé avoir une opinion, voire une théorie, digne d’être diffusée. Les uns comme les autres ne font pas honneur à leur profession ni aux éventuelles personnes ou nobles causes qu’ils affirment défendre.

Si les pancratiastes voient leur proie comme « possédée par elle-même » (sic), nul doute que n’ayant pas encore détourné le miroir d’eux-mêmes, ils n’aient pas réalisé qu’ils fixaient toujours leur nombril.

S’ils aiment donner des coups, ils n’aiment pas en recevoir. Les retours de bâton, ils les évitent en se déclarant victimes, en justifiant leurs actions sous des tas de noms et des tas d’articles de loi et en faisant appel à tous les autres pancratiastes, pugilistes et chicaneurs qui selon eux représentent l’humanité entière de laquelle il faut soustraire tous ceux qui sont passés par leurs griffes. Qui reste-il ? Ceux qui se libèrent de leurs frustrations individuelles au travers de cette attitude perverse et qui ont le toupet de crier au scandale lorsque, trop rarement, un individu (parfois un groupe), les nomme et les montre tels qu’ils sont. Ce qui fait pitié est l’attitude des spectateurs, ravis de ne pas être l’objet de leur hargne, qui subiront cette domination du doute que provoque les accusations infondées qu’utilisent les pancratiastes parce qu’ils s’en prennent à l’individu lui-même en le dénigrant et en dénigrant tout ce qui le concerne, en ignorant le côté positif de toute chose et de toute situation et en y recherchant plutôt ce qui est négatif, même quand il s’agit de quelque chose d’aussi insignifiant que le nombre de boutons sur une veste.

Que deviendraient ces petites choses toxiques, si on décidait un jour de s’offrir le mauvais plaisir, une heure par jour, tous les jours, pendant des mois de décortiquer les phrases qu’ils prononcent, les mots qu’ils utilisent, le ton qu’ils emploient, leurs manières, d’évaluer le coût de leurs vêtements et de leurs bijoux, de vérifier si ce qu’ils prêchent ou critiquent ne va pas à l’encontre de « privilèges » dont eux-mêmes bénéficient, de remettre en question leurs commentaires et leurs connaissances, de réfuter leurs intentions malgré qu’ils les prétendent bonnes, de ne leur accorder aucun crédit ni aucun moyen de s’expliquer ou de reprendre une erreur mais plutôt de pointer dix fois par jours chaque faute, chaque manquement et chaque contradiction et de bien ricaner en insinuant que tout cela était diablement calculé, de leur faire en continu des procès d’intention et de leur coller un surnom qui les suivra leur vie durant même si cela doit briser leur carrière professionnelle.

Après tout, leur influence joue un rôle et donc, comme ils disent, ceux qui jouent avec les médias et la presse doivent accepter d’en souffrir aussi – sous entendu semble-t-il de passer les limites de l’acceptable.

Toute cette basse médiocrité reprise en musique sur les réseaux anti-sociaux à partir desquels les pancratiastes vont s’alimenter pour justifier leurs dires et attitudes. De l’oeuf ou de la poule, à nouveau.

Pourquoi s’abaisser à parler de ces pancratiastes que rien ne satisfait mis à part le plaisir de détruire sans donner de solution. Il vaudrait bien mieux les ignorer, les oublier et les expédier sur Mars. Simplement parce qu’on leur donne l’espace et le pouvoir de répandre leur venin dans la société. On leur ouvre tous les canaux de communication et leur toxicité passe de tête creuse en tête creuse ou ravitaille le moulin de ceux que cela arrange bien.

Ces dangers ambulants, qui alimentent les conflits nationaux et fragilisent les gouvernements en place, sont les collaborateurs du déclin de nos sociétés et de la situation de l’Europe actuelle. Notons bien qu’en cas d’explosion, de crise, de pénurie ou de catastrophe, ils seront en première ligne pour tenir un discours critiquant les décisions ayant mené au désastre sans évidemment tenir compte des catilinaires et des diatribes ayant conduit à la situation en déstabilisant en continu le pays dans lequel ils sévissent.

Rien n’arrête les pancratiastes car rien n’est plus grand qu’eux. Peu importe le contexte politique ou économique dans lequel se trouve leur pays et ses alliés, rien n’est plus vaste que le son de leur voix et leur goût du sabotage. Ils traînent ce relent de lâcheté qui les pousse à abattre un hypothétique ennemi en un lieu où la liberté le leur permet. Quand ils auront aidé à l’installation de tyrans et de gouvernements répressifs, ils se tairont et s’agenouilleront. Voilà ceux à qui vous donnez votre espace et votre avenir qu’ils rendent confus.

Tant que des pancratiastes sournois sévissent en grand nombre et avec les pleins pouvoir cela veut bien dire que nous vivons dans un pays où l’on respire encore. Songez-y !

Ne laissons pas ces forces internes et externes gagner et affaiblir notre union et nos forces.

Prouvons que nous sommes intelligents et conscients et non pas adeptes du pancrace.

 

Magy Craft

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