Médisance, calomnie et diffamation

L’article « Les pyromanes de la société » du 14 janvier 2017, méritait bien une suite ou un complément.
https://magycraftauteur.com/2017/01/14/les-pyromanes-de-la-societe/

Tout simplement parce que le phénomène est loin de s’atténuer mais qu’au contraire il devient un vrai sport national, davantage dans certains pays que dans d’autres, quand on songe à sa retransmission par les médias, chez certains en continu sur un même sujet ou une même personne, au travers de débats animés par des individus oubliant totalement leur rôle, leur place, leur responsabilité comme l’impact des mots, des attitudes ainsi que les conséquences qui en découlent.

Votre Magy avait déjà souligné que le droit à la liberté d’expression ne devait pas être confondu avec la possibilité d’exprimer tout et n’importe quoi, n’importe quand et à n’importe qui.
Dès lors, posons-nous la question de savoir si le droit à la liberté d’expression donne automatiquement le droit à la diffamation, à la médisance ou à la calomnie?

Avant d’aller plus loin, remettons-nous bien en mémoire le sens de ces trois mots souvent confondus.

– La médisance c’est tenir des propos malveillants sur une personne mais qui ne sont pas des mensonges ou que l’on croit ne pas être des mensonges. (Magy rajoute: que l’on prétend ne pas savoir/vouloir savoir être des mensonges – partage automatique de messages sans circonspection).

– La calomnie c’est chercher à atteindre une personne dans sa réputation par des accusations que l’on sait fausses.

– La diffamation c’est l’allégation ou l’imputation d’un fait, vrai ou faux, qui porte atteinte à l’honneur, à la réputation d’une personne.

Maintenant que tout cela est bien clair, il est difficile de déresponsabiliser les acteurs de nos sociétés quant au rôle qu’ils tiennent, à titre individuel, dans la propagation, la diffusion de propos malveillants, faux, d’allégations à propos de personnes qui les gênent, les insupportent pour une raison justifiée ou pas.

Nous connaissons tous ce voisin dont on dit qu’il médit d’un peu tout le monde. On s’en méfie et il ne nous est guère sympathique.
On retrouve ce genre de personnage au travail. Ce personnage qui n’a d’autre possibilité que de tenir des discours vipérins à l’encontre de certains collègues dans l’espoir de leur nuire et d’y retirer un certain bénéfice pour sa carrière.
Dans le monde politique c’est carrément le carnage pour le plus grand préjudice des citoyens du pays et de l’Union.

Un phénomène connu, un phénomène reconnu, un phénomène entré graduellement ouvertement dans les moeurs et lamentablement toléré sans protestation. Si sur le plan individuel, des techniques de repérage de ce type de personnes toxiques sont enseignées et que des suivis psychologiques sont disponibles pour les proies, il n’existe rien en ce qui concerne la médisance, la calomnie publique pratiquée par des individus sévissant sur les réseaux sociaux ou sur les plateaux de télévision.

La médisance ou la calomnie est même malencontreusement parfois englobée dans l’histoire des fake news ou fausses informations. Cependant, lorsqu’il s’agit de l’essence même d’un être, comme Magy l’a révélé dans plusieurs de ses articles, on ne peut plus parler de fake news mais bien de malveillance dans l’intention de nuire à une personne bien déterminée. Dans ce cas précis, c’est toute une société qui doit se poser la question de sa moralité et de l’exemple qu’elle donne à ses enfants, à la répercussion sur son mode de pensée et donc sa vision du vivre ensemble, des projets de société à définir et sur son comportement non seulement au quotidien mais en envisageant l’évolution de ce dernier au fil du temps et des évènements engendrés par cette exonération de respect et de codes et valeurs définis comme étant les moteurs de la cohésion d’une société civilisée et harmonieuse.

En se cadrant exclusivement sur une société démocratique où les droits fondamentaux existent (encore) et les élus en place grâce au vote des citoyens, il est plus que malvenu de collaborer au chaos, ou de s’en délecter, auquel est soumis notre Union actuellement en favorisant des comportements absolument indécents tels :

– la création de polémiques autour d’une personne, sous couvert de sa politique, dans un but exclusif d’audimat et non pas de partage d’idées, provoquant ainsi un malaise dans la population ou entretenant une hostilité, colère disproportionnée aux faits

– d’avoir dans les débats des journalistes exprimant la tendance de leur idéologie et non pas le factuel sans que le citoyen soit informé de la tendance politique de la personne, du média ou du journal pour lequel cette personne travaille

– entendre aussi bien des journalistes, éditorialistes, personnalités politiques s’abaisser à pratiquer la calomnie et la médisance à longueur de temps plutôt que de s’élever, et par là même élever le débat et le pays, en argumentant sur ce qui leur semble bon ou moins bon et en partageant des idées qui seraient bénéfiques à l’évolution du pays et donc au bien-être des citoyens. Ce qui doit être le seul objectif de tous quel que soit l’organisme auquel ils appartiennent ou la cause qu’ils défendent.

– de vivre quotidiennement au rythme des sondages qui influent autant sur les gens que sur la politique alors qu’une question contredit la réponse de la précédente et fausse de cette façon une réalité plus complexe ou plus évidente qu’il ne semble après tout. De plus, les organismes de sondages ne sont pas de pures vierges et sans diffamation (bien que Magy volontairement ne citera pas de nom ce n’est pas le but de l’article), il est des cas connus et actes où des sociétés de sondages ont camouflé certains résultats d’enquêtes pour ne pas « troubler leur monde ». De toute manière, on tient compte des sondages quand cela arrange son monde.

Dans la médisance, la calomnie il y a un comportement irresponsable par rapport à la parole. On refuse de reconnaître le poids des mots. La médisance crée la discorde. Si à titre individuel, elle est camouflée dans le harcèlement, dans les rapports de masse, elle est totalement occultée. Cela est préjudiciable tant à la personne concernée qu’au système en lui-même.
Celui qui use de calomnie est-il une personne de confiance? Regardez votre dos quand vous le quittez et posez-vous la question.
On ne peut pour se sentir mieux, pour se valoriser ou/et se cacher derrière de « bonnes causes » dévaloriser/démolir un être. Ce sont ses actes ou sa politique qui doivent être jugés. D’autant plus que de vrais bourreaux sont jugés sur leurs actes et non sur leur personnalité mis à part un diagnostique médical. Dans l’actualité quotidienne, peu de dirigeant sont calomniés, c’est bien leur politique et actes étranges qui sont commentés. Alors, que dans certains pays, la limite est largement dépassée. Parce que la médisance est un crime. Un crime contre la personne. Ce crime est commis ouvertement de manière répétitive sur une longue période de temps. Il est partagé. Il détruit une réputation, il détruit un être sans qu’il soit prouvé que cette personne mérite d’être enterrée vivante. Tout en sachant que les droits de l’homme prennent bien soin des conditions des personnes incarcérées. Les personnes pratiquant la médisance, la calomnie et celles s’en délectant ou y participant sont par conséquent des personnes toxiques pour leur entourage et pour l’harmonie d’une société.

Le succès des autres ne motive pas, ne motive plus. Il pousse à détruire. L’arme des couards est la parole. L’ironie s’est métamorphosée en ragot et en médisance. La médisance ne connait pas de tranche d’âge, de milieu culturel, de niveau intellectuel ou social. Elle est partout et particulièrement dans le télévisuel de nos jours. Il faut abaisser l’autre pour se sentir grandir. Augmenter l’envie est donc une arme utilisée par les démagogues. Cette arme sert aussi bien les politiques que certains commentateurs malheureusement. Elle nuit au débat, au progrès, à la grandeur de la société. Elle se retourne toujours contre celui qui l’utilise car la médisance se partage si bien.

La médisance est violence. La médisance crée et entretien la violence. La médisance excite, elle entretien une complicité entre médisants. Elle appauvrit et avilit une nation toute entière.
Elle dénature l’être lui-même.

Là où règne la médisance, ne survit aucun honneur.

Magy Craft
Cet article peut se compléter aussi avec:

Les pancratiastes du 29 juin 2018
https://magycraftauteur.com/2018/06/29/les-pancratiastes/

et

Le poids des commentaires, la frivolités des prédictions et supputations du 16 mai 2017
https://magycraftauteur.com/2017/05/16/le-poids-des-commentaires-la-frivolite-des-predictions-et-supputations/

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